Une classe BTS d’Hasparren s’attaque à une décharge sauvage

Toute l'équipe du BTS Anabiotec du CFAA d’Hasparren. Crédit: Aines Arizmendi, Surfrider

Le 11 octobre 2010, trois étudiantes du BTS Anabiotec du CFAA d’Hasparren ont organisé une journée de sensibilisation aux déchets aquatiques dans le cadre de leur cours de français.

Interview des trois organisatrices de l’action de sensibilisation : Maider Larrieu, Lucie Dutilh et Pauline Descat

1)    Expliquez-nous en quoi consiste votre projet?

« Notre but était de sensibiliser un public, en l’occurrence notre classe de BTS 2 Anabiotec, au problème de la pollution aquatique. Nous voulions que ça les marque, nous voulions réellement les choquer pour que cela les interpelle et qu’ils s’en souviennent.  »

2)      Dans quel cadre avez-vous développé cette action ?

« Dans le cadre de notre formation, nous sommes appelées à organiser et animer un évènement. L’objectif est d’aborder un des aspects de la communication, à savoir toute la partie logistique, de manière plus pratique. En outre, ce projet dans son ensemble fait l’objet d’une évaluation concourant à l’obtention de notre diplôme.  »

3)      Pourquoi avoir choisi un nettoyage de rivière, et comment  Surfrider Foundation Europe  et le syndicat mixte du bassin versant de la Nive vous ont ils aidés?

« Nous avons cherché à la fois un sujet qui nous intéresse, dont nous nous sentions proches mais aussi un sujet qui nous permettait de mener notre projet à terme et ce dans les meilleures conditions possibles. Nous voulions aller plus loin que le simple objectif d’obtenir une bonne note.  L’ important, c’était de faire participer la classe de façon concrète. L’idée a été bien accueillie au sein de la classe.
Etant toutes les trois natives de la côte, nous connaissions déjà Surfrider au travers de ses actions. Le partenariat avec le Syndicat Mixte du Contrat des Rivières de la Nive  s’est révélé  tout aussi important que celui mis en place avec Surfrider.
Surfrider nous a apporté des connaissances et des outils nécessaires à notre démarche de sensibilisation quand le Syndicat nous a fait profiter de ses connaissances du terrain et du bassin versant de la Nive. (Surfrider plus en amont: outils sensibilisation tels que les surprises de la marée…, syndicat question pratique: le lieu et les moyens plus démarche autorisation)
Tout au long de notre projet, nos interlocuteurs nous ont guidées et ont mis à notre disposition leurs outils afin que tout se déroule le mieux possible. Ils nous ont accordé pas mal de temps et ont su s’adapter aux imprévus. Sans eux, notre projet n’aurait pu aboutir à ce résultat. Nous les en remercions vivement ».

4)      Quelles sont les problématiques traitées au sein de la formation ?

« Notre formation, le BTSA Analyses Agricoles Biologiques et Biotechnologiques, nous destine à devenir techniciens supérieurs en laboratoires dans divers secteurs (médical, agronomie, agroalimentaire, pharmaceutique,environnement…). Les problématiques traitées sont: économie générale, techniques de communication et de documentation, gestion et organisation d’un laboratoire, analyse et contrôle, méthodes instrumentales et techniques d’analyses, biotechnologies et applications diverses, mise en place d’un projet expérimental.
Au cours du module biotechnologie nous avons abordé la pollution des eaux et ses différents retraitements possibles. Le nettoyage de rivière permettait donc d’aller constater sur le terrain les aspects théoriques de notre formation. »

5)      Comment s’est déroulée la journée d’animation?

« Sur une après midi et en deux parties.
La 1ère partie s’est déroulée en classe (au CDFAA Hasparren). Nous avons commencé par présenter  le programme de la demi journée puis leur avons proposé une animation prêtée par Surfrider autour de déchets ramassés dans la « laisse de mer ». Le but étant de les sensibiliser à la différence entre déchets naturels et déchets d’origine anthropique appelés déchets aquatiques.
La 2ème partie s’est directement déroulée sur le lieu de ramassage, une berge d’un affluent rive droite de la Nive.
Aines Arizmendi et Maxime Diribarne, respectivement de Surfrider Foundation et du Syndicat Mixte du Contrat des Rivières de la Nive se sont présentés et ont expliqué les différentes missions et actions de leur organisme respectif.
Après avoir rappelé les consignes de sécurité et de collecte des déchets, le nettoyage de la décharge sauvage a pu commencer.

6)      Quel bilan faites-vous de cette action ? Quels sont les freins que vous avez rencontrés lors de l’organisation et lors de l’action et qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Bilan très satisfaisant. Nous avons atteint nos objectifs et ce, dans la joie et la bonne humeur.
Tout le monde s’est intéressé et a joué le jeu. Nous avons réussi à sortir tous les déchets de la décharge, chose dont nous doutions étant donné le temps dont nous disposions. De plus, nous avons eu des retours positifs. Nous espérons que nos deux partenaires dressent un bilan aussi positifs que le nôtre.  Il pourrait être intéressant de pérenniser ce type d’action au sein du CDFAA Hasparren.

Deux contraintes majeures: le budget et le facteur temps.

Le budget a été maitrisé grâce à l’intervention de nos partenaires qui nous ont fournis le matériel et les moyens nécessaires à la mise en place du projet. Il a donc été reduit à une facture de gants afin d’assurer la sécurité de chacun, notamment lors de la manutention d’objets métalliques rouillés.
Quant au temps, il a fallu jouer avec les emplois du temps de chacun, ce qui s’est révélé parfois assez ardu. Le choix que l’action ne se déroule que sur une demi journée résulte également des contraintes que nous avions par rapport au facteur temps.

Ce que ça nous a apporté:
Renforcer la cohésion de notre groupe
Sensibilisation efficace
Sentiment d’avoir fait coup double: examen + rendu utile ( rendu utile: sentiment général des participants)
Chaque petit geste de chacun contribuant à une amélioration globale
Pris un peu plus conscience qu’il faut protéger la nature et agir dès aujourd’hui

Interview de Maxime Diribarne (du Syndicat mixte du Bassin versant de la Nive)

1)    Peux-tu me présenter le syndicat mixte du Bassin versant de la Nive

Le Syndicat Mixte du Bassin Versant de la Nive est une collectivité regroupant 46 communes et la Communauté d’Agglomération du BAB (CABAB). Les actions entreprises ont pour objectifs l’amélioration de la qualité de l’eau, l’entretien des cours d’eau et la protection des milieux naturels associés.  Nous avons comme objectifs  la reconquête de la qualité bactériologique des cours d’eau en finançant l’équipement des communes en assainissement collectif (stations d’épuration) et en menant un diagnostic de l’impact de l’activité agricole associé à un programme d’animation proposant des solutions techniques, l’entretien et la restauration des cours d’eau, la mise en place de la démarche Natura 2000, le financement d’un projet pédagogique pour les écoles et les collèges du bassin versant et la mise en place de réseaux de suivi de la qualité de l’eau (paramètres physico-chimiques, bactériologiques et biologiques).
Je travaille plus particulièrement sur l’entretien et la restauration des cours d’eau.

Le camion plein des déchets ramassés dans la décharge sauvage. Crédit: Aines Arizmendi

2)    Pourquoi avez-vous participé à l’action organisé par les élèves du BTS? Comment s’est déroulé l’action?

Nous avons un programme de résorption des décharges sauvages sur le bassin versant. Nous faisons en général intervenir une association d’insertion professionnelle. Les BTS nous ont sollicité pour la réalisation d’une opération à caractère environnemental et l’idée de les faire intervenir sur ce type de site nous a semblé intéressante. Nous avons fourni un camion pour l’évacuation des déchets et assuré leur tri à la déchetterie de Bustince. »

3)      Quel bilan fais-tu de cette action?

« Cette action est positive sur plusieurs points. La suppression de ces décharges est bien sur l’objectif premier. Y associer la sensibilation des étudiants présente un réel intérêt en matière d’éducation à la protection de l’environnement. »

Aines Arizmendi, responsable éducation et événements Mare Urdina

Surfrider Campus : le nouveau centre d’éducation et de formation de Surfrider


La grande salle de Surfrider Campus: au service de l'Océan et du littoral. credit photo: Boris Masseron

Apprentissage, échange, sensibilisation, rencontre, partage d’expériences et de compétences, cette sémantique propre à Surfrider, prend toute sa valeur dans notre nouveau projet : Surfrider Campus. Ainsi ce lieu d’accueil a-t-il pour vocation d’être un creuset de nos actions.
Depuis 20 ans maintenant, les déclinaisons de notre action ont été multiples : mobilisation citoyenne, lobbying accru auprès d’instances nationales et européennes, vulgarisation scientifique…

Ainsi, durant ces deux décennies, nous n’avons eu cesse de réfléchir sur les meilleures manières de toucher nos concitoyens à travers la participation à des événements locaux et internationaux, en mobilisant des dizaines de milliers de citoyens à travers le monde, en créant des outils pédagogiques gratuits et disponibles pour tous.

Désormais, et afin de matérialiser cette volonté et ce combat pour l’éducation en mettant en cohérence toutes les déclinaisons possibles de nos objectifs éducatifs et de nos actions, nous avons créé Surfrider Campus : un lieu dédié à l’éducation et à la formation au développement durable ainsi qu’à la mobilisation et à l’action citoyenne.

Ce centre d’éducation, de formation au développement durable, de mobilisation à la vie citoyenne, nous permet enfin de formaliser et d’y inscrire un véritable carrefour d’idées qui réunira les acteurs du changement  issus de tous milieux, publics ou privés: le monde de l’éducation  comme relais et  point de départ de la prise de conscience,  la sphère familiale comme lieu de transmission des valeurs et comportements éco-citoyens, les pouvoirs publics, institutions, entreprises, associations, comme partenaires validant et enrichissant notre action…

Sensibilisation, Education et Formation s’exerceront sous  forme de rencontres autour d’une thématique spécifique, elles auront pour objectif des apports concrets d’aide à la décision, et proposeront des mises en situation. L’interactivité sera le mode de relation des participants et formateurs.

Vous pourrez soit visiter notre centre et profiter de notre exposition permanente si vous êtes un particulier ou un enseignant, soit bénéficier d’un parcours pédagogique si vous travaillez dans le monde de l’éducation, soit d’une formation que vous jugez nécessaire à la prise de décision dans l’exercice de votre profession.

Boris Masseron, responsable du Surfrider Campus

Tour Européen : direction l’Italie et l’Espagne

Pendant 10 journées, Surfrider était présent en Espagne et en Italie pour promouvoir son identité!

Première étape au coeur de la convivialité espagnole

Du 2 jusqu’à le 6 août, Surfrider a participé à « Los Juegos Nauticos Atlanicos » à Santander, un événement européen, qui se tient depuis 1995, dans un projet de coopération entre les régions de l’Atlantique.

Le stand Surfrider était placé dans le « paseo maritimo » ce qui nous a permis d’interagir avec plusieurs centaines de personnes ! Là-bas, nous avons pu sentir l’engagement des personnes qui ont découvert les différentes thématiques de l’association. Les participants nous ont remonté beaucoup d’informations utiles (par exemple la présence des fameux media filtrants sur les plus importantes plages de Cantabrie) et ils ont participé avec plaisir à nos débats et animations. Comme toujours, les enfants ont montré beaucoup d’enthousiasme pour l’environnement, témoignant d’une bonne connaissance des actions de l’éco-citoyen.

Enfin les bénévoles espagnoles de Surfrider et membres de la Fédération Cantabrie de Surf nous ont accueilli avec la fameuse convivialité espagnole et ont organisé un défilé-vente aux enchères ou une magnifique planche de surf décorée et une guitare signée par les groupes Vetusta Morla, El Canto del Loco et La Sonrisa de Julia ont été vendus et plus de 300 euros ont été collectés au profit de l’association. Big up ! Merci ! Le local pro surfeur Pablo Gutierrez a ainsi visité le stand Surfrider, il a célébré sa médaille d’or et a montré son engagement pour l’environnement!

Week-end de sensisibilisation avec l’antenne italienne Lazio

Depuis l’Espagne, Surfrider Foundation Europe a rejoint la bénévole Italienne Eleonora Frascella, représentante de l’antenne Lazio, en Viareggio pour participer à la première édition de Boardland , un festival du surf et skate. Plusieurs marques et acteurs du secteur ont attendu le week-end ou dans un cadre festif et convivial beaucoup d’activités ont étaient mises en place pour promouvoir en Italie les 2 sports de glisse d’excellence !

Le samedi Surfrider a organisé un coin d’information et de sensibilisation sur le « lungomare » de Viareggio ou plusieurs curieux se sont arrêtés pour discuter et avoir des informations. Ici aussi ça a été constructif de tester l’engagement environnemental des participants et de discuter sur l’environnement surtout à un niveau local! Le dimanche était destiné surtout pour les plus petits. En fait Surfrider a sensibilisé les nombreux enfants qui ont participé à des cours de surf gratuits organisés sur la plage bondé de monde ! Plusieurs dizaines des enfants sont passés à la Chambre de Tommy (une animation pédagogique pour les plus petits) et ont montré une connaissance des actions éco-citoyennes des fois plus profonde que leurs parents ! Au même moment, une petite présentation sur Surfrider a été mis en place pour les plus grands, pour expliquer aux néophytes du surf, l’importance de respecter la mer et d’adopter des actions éco-citoyennes.

En conclusion le bilan du petit tour espagnol et italien est positif : beaucoup de rencontres avec le grand public, promotion de l’identité de Surfrider au niveau Européen et surtout le renforcement de la volonté de travailler et d’être coordonné au niveau européen pour préserver les océans, mares, lacs et rivières propres.

Interview de Guillaume Zeis, Sillis.fr

Voir l’interview de Guillaume Zeis en vidéo

Peux-tu te présenter et nous faire découvrir ton projet ?

Je m’appelle Guillaume Zeis, originaire de la région Bordelaise.

J’ai pour projet la création d’une marque de vêtements biologiques, dénommée Sillis. Afin de réaliser ces vêtements, je rentre en contact avec des écoles de pays défavorisés qui ont peu voire aucune infrastructure pour gérer le problème des déchets plastiques. En effet, j’ai pu constater lors de divers voyages que certaines zones étaient extrêmement touchées par cette pollution. Je propose alors aux écoles de m’accueillir afin d’effectuer auprès des enfants une sensibilisation sur la durée de vie des déchets plastiques et sur le respect de leur environnement. Une fois la sensibilisation finie, je propose aux enfants d’effectuer un dessin illustrant ce qu’ils ont compris. Je choisis alors les plus parlant et les imprime sur des tee-shirts afin de les vendre. Ainsi je reverse une partie de l’argent récolté à l’école qui a participé afin qu’elle puisse améliorer les conditions d’éducation des enfants.

Peux-tu nous donner exemple concret d’une telle action ?

Pour ma première action je me suis rendu dans une petite école d’une tribu des iles Andaman, en Inde. Il a été difficile d’obtenir les autorisation mais j’ai quand même réussit à sensibiliser les scolaires et ainsi produire les premiers tee-shirt Sillis grâce aux dessins des enfants. La prochaine saison, j’irai à Madagascar et pour la suite en Afrique car il y a beaucoup de travail à y faire.

Comment as-tu été accueilli lors de cette intervention ?

J’ai eu un accueil magnifique, les enfants ont été vraiment adorables et très ouverts par rapport à la sensibilisation sur les déchets plastiques, sujet qu’ils n’avaient jamais vraiment abordé. Ils m’ont permis de mener mon action du mieux possible et de faire passer le message que j’étais venu délivrer. J’espère rééditer l’expérience très rapidement.

Comment appliques-tu quotidiennement les conseils que tu diffuses dans ces écoles ?

J’essaie de faire attention à tout, ne pas jeter le moindre déchet par terre. J’évite d’utiliser des sacs plastiques et utilise donc des sacs réutilisables, je trie mes déchets, j’économise l’eau, l’énergie. Je fais un maximum attention pour être en accord avec mon concept et mes idées.

Qu’est-ce qui t’as conduit à devenir partenaire de Surfrider ?

Surfrider est une association très reconnue, qui mène depuis des années ce combat contre les déchets plastiques notamment via son opération de sensibilisation « les Initiatives Océanes ». Pour moi, ça faisait réellement sens de devenir partenaire de l’association puisque nous menons un combat commun.

Où peut-on trouver tes produits ?

C’est très simple, il suffit de se rendre sur mon site internet www.sillis.fr sur lequel vous trouverez tous les produits, l’explication du concept et des démarches effectuées.