Swap & Surf est un beau projet : offrir aux Surfeurs et pratiquants d’activités nautiques un espace pour échanger ou partager leur maison. Mais Swap & Surf c’est aussi deux hommes, Sylvain et Philippe Garms, deux passionnés de l’Océan et de sa protection.
Rencontre avec un des co-fondateurs de cet ambitieux projet…
Sylvain, peux-tu rapidement te présenter et nous parler de ton projet Swap And Surf ?

Originaire de Pau, j’ai attendu d’avoir 29 ans en 2001, et de vivre à 10 mn à vélo du Venice’s break water de Los Angeles pour que le surf fasse partie de ma vie. Sans oublier ma passion pour la montagne, l’océan s’est placé au centre de mes préoccupations.
Quand mon associé et cousin Philippe Garms m’a parlé de son expérience d’échange de maison avec un surfeur de Jersey, et de la pertine
nce d’un site internet dédié aux surfeurs, je me suis dit qu’il fallait foncer pour développer cette idée aussi simple qu’évidente.
Le surf trip fait partie de la culture surf. L’idée est d’une part de faciliter et rendre matériellement plus accessible le surf trip de vos rêves, mais aussi de créer une communauté partageant les mêmes idéaux de voyage et d’expérience de surf.
Pour qu’au-delà de l’échange de maison ou de l’hospitalité réciproque, cette expérience permette de se plonger un peu dans la vie d’un autre surfeur, dans sa culture, son univers. Swap & Surf utilise les techniques de réseau les plus modernes pour défendre et porter un esprit authentique du surf.
Nous avons repensé le principe de l’échange de maisons pour les surfeurs. Ouvert à tous, un seul principe est exigé, l’honneteté. On peut choisir d’échanger son lieu de vie, ou de recevoir, tout est prévu pour savoir à qui on a à faire. Peu importe ce que l’on propose, le tout est de montrer aux autres ce que l’on a.
Swap & Surf a germé longtemps avant que le site n’ouvre officiellement fin 2009. Aujourd’hui, Swap & Surf regroupe des membres dans plus de 45 pays avec des poids lourds du monde du surf et des destinations moins attendues comme la Suède, la Grèce ou Taiwan. Nous voulons cette diversité et notre objectif est d’être dans les quelques 140 pays où la houle agite les littoraux.
Pourquoi as-tu décidé d’associer ton projet à Surfrider Foundation Europe

Philippe Garms était présent au tout début de Surfrider Foundation Europe (SFE) avec Tom Curren. J’ai rejoint SFE dès que mes finances l’ont permis.
En qualité de président d’association, j’ai organisé au printemps 2009 une opération « river cleaning » avec Surfrider. Notre attachement aux valeurs de l’association n’est pas nouveau.
Un rapprochement coulait de source. Le principe d’une bonne association tient au fait que chaque partenaire soit gagnant. Swap & Surf a besoin de réseau pour se développer. Dans le même temps nous voulons rester fidèle à nos convictions et c’est donc avec fierté que nous affichons les couleurs de Surfrider Foundation Europe à nos côtés.
Swap & Surf offre aux membres de Surfrider des avantages très intéressants (possibilité de n’échanger qu’entre membres de SFE, des tarifs préférentiels et une offre de départ limitée dans le temps)
Plus largement, je pense que toute société saine doit avoir des contres pouvoirs identifiables, puissants et fédérateurs. En associant Swap & Surf à Surfrider, nous inscrivons le projet dans cette optique. C’est pourquoi nous comptons aller plus loin qu’un simple échange de bons procédés.
Nous voulons profiter de nos réseaux pour porter les combats de l’association. Il s’agit de jouer un rôle éco-citoyen, faire entendre sa voix pour dire qu’il est possible de faire autrement en étant innovant comme Swap and Surf s’efforce de l’être.
Qu’est-ce qui a éveillé ta conscience environnementale, ton « éco-citoyenneté » ?
Je dirais que c’est une suite logique qui n’a rien d’une coïncidence. Une attitude éco-citoyenne ne relève pas de l’inné, mais d’un long processus d’acquisition de valeurs dont le maître mot est le respect.
Dès mon plus jeune âge, par leur éducation, mes parents m’ont fait le cadeau de cette approche respectueuse de notre environnement. Mes expériences ont fait muté ce terreau en véritable conscience éco-citoyenne (par exemple, le fait de travailler en refuge et de travailler dur pour avoir de l’eau. On considère mieux sa préciosité).
Né en 1972, à la fin des trente glorieuses, je fais partie d’une génération qui a connu de profondes mutations structurelles des modes de consommation. A l’ère de la globalisation, nous avons deux options. Résister en la rejetant en bloc ou l’accepter. Je préfére l’option de prendre ce que cette globalisation a de meilleur.
C’est en pensant global, par des instances transnationales que des avancements sont possibles. La globalisation a un impact environnemental fort en même temps qu’elle permet de faire circuler les savoirs et de s’organiser. Comme l’éveil d’une conscience éco-citoyenne passe par l’éducation et la diffusion de l’information, je pense que la globalisation peut apporter les solutions aux problèmes qu’elle pose.
L’accord historique du 29 octobre 2010 à Nagoya sur la protection des espèces en donne un bel exemple très récent.
Qu’est-ce qui te révolte le plus aujourd’hui ?
Les problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés sont liés à des modes de consommation où le bon sens n’a pas toujours sa place.
Il faut avant tout une prise de conscience globale des enjeux, que des instances supranationales s’engagent, mais il faut aussi qu’au niveau individuel, des changements se fassent.
Trois faits très éloignés et pourtant liés :
- 13kg720 de publicité dans la boite aux lettre de mes parents partis 3 mois en Californie
- Golfe du Niger : fuites de pétrole estimées à un Exxon Valdez par an depuis 50 ans
- Tous les tests le prouvent : dans la plupart des villes, le vélo est imbattable aux heures de pointe sur les distances de moins de 5 km (50 % des trajets entre le domicile et le lieu de travail). Pourtant à Lyon, 50 % des déplacements interurbains motorisés se font sur des distances inférieures à 1 km !
Tout est lié, le comportement individuel de chacun d’entre nous, sa façon de consommer et de vivre façonne le monde dans lequel on vit. L’essence pompée au Niger fait avancer les voitures lyonnaises qui se rendent dans les centres commerciaux qui attirent le consommateur par le publipostage (50% des revenus des centres commerciaux !). On se décharge trop de ces questions sur « ceux qui nous gouvernent ».
On oublie que les choses peuvent changer par des gestes simples, dictés par le bon sens. Mais peut être vivons nous une crise non pas seulement économique, mais de valeur ? Comment lutter si le modèle dominant c’est pour beaucoup de ressembler à une starlette les bras chargés de sac après une journée shopping.
Qu’est-ce qui te donne espoir ?
Que nous n’ayons plus le choix. Beaucoup ont vu le film d’Ale Gore, le réchauffement climatique est aussi connu que le pape. Les défenseurs de l’environnement ne sont plus de vieux barbus intégristes, mais des personnalités innovantes, en prise avec leur temps.
Si ceux qui défendent une vision alternative et moderne d’une nouvelle façon de vivre se font suffisament entendre et deviennent des modèles, alors nous avons de bonnes raisons d’espérer.
Surfrider est dans cette ligne puisque son discours passe par une prise de conscience, et que son image est liée au surf qui véhicule du plaisir et du bonheur.
Il faut que ces porte paroles essentiels soient des modèles à suivre, et que dans 20 ans, pour les 40 ans de l’association, Paris Hilton redevienne une citoyenne lambda, certes riche héritière, mais inconnue, et non plus un modèle enviée et copiée par beaucoup.
Un dernier mot pour la fin ?
Je souhaite que par le partenariat entre Surfrider et Swap & Surf, de belles rencontres se fassent, des amitiés naissent, les bonnes idées circulent, et que les surf trip les plus difficiles à mettre en place se réalisent. Souhaitons qu’au travers de nos différences, et par la passion qui nous unie, de belles choses se fassent.
Cet esprit est porté par un projet qui a pour but de mettre en avant cette diversité et en même temps cette universalité que l’on retrouve dans la communauté des surfeurs.
« The 1000 surfers project » est comme S&s ouvert à tous. uniquement sur facebook, ce projet donne une image vraie de notre communauté. Il supporte S&s en même temps qu’il me permet de prendre beaucoup de plaisir.
