Sand Engine: le projet avance et les surfeurs s’inquiètent

 

Auteur: Jorrit, Date: 15/11/2010

La construction du projet pilote Sand Engine a débuté en mars 2011 sur la côte hollandaise à côté de Ter Heijde. Les conditions météorologiques favorables ont déjà permis d’accumuler 19 millions de m3 de sable. Au rythme actuel, le Sand Engine devrait être terminé en Juillet, soit beaucoup plus tôt que prévu ce qui inquiète la communauté de surf qui souhaite optimiser ce projet afin de protéger mais aussi développer la pratique du surf.

Le projet en quelques mots

Ce projet pilote consiste à déposer une énorme quantité de sable le long des côtes néerlandaises pour former une péninsule artificielle en forme de crochet (environ 20 millions de m3 au total). Une fois la construction terminée, ce Sand Engine  va lentement s’éroder et se déplacer le long des côtes, entre Hoek van Holland et Scheveningen (à environ 15km), grâce à l’action naturelle des courants, les vagues et les marées, afin de protéger le littoral.

L’implication de Surfrider Foundation Europe

Le dossier Sand Engine fait parti de Notre Programme Environnemental des Gardiens de la Côte. L’association soutient les surfeurs locaux afin de prévenir d’éventuels effets négatifs sur les vagues. En effet, ces derniers s’inquiètent de la disparition de leurs spots de surf, couvrant le sud du pays de Hoek van Holland à Scheveningen, et souhaitent développer l’activité sur cette zone.

L’optimisation du banc de sable

Surf Interest (groupe composé de Surfrider Foundation Holland et de Holland Surfing Association) effectue un lobbying intense depuis le début du projet pour optimiser le banc de sable, mais avec la progression rapide et inattendue de la construction, le groupe manque de temps.

La province, les secours et Rijkswaterstaat (Agence Gouvernementale chargée de l’exécution pratique des travaux et de la  gestion des eaux en Hollande) ne veulent prendre aucun risque et ont donc décidé que la zone du Sand Engine serait interdite à la baignade et aux bateaux quelques temps après la construction. Une évaluation de la sécurité sera ensuite réalisée et si elle s’avère concluante l’accès au Sand Engine sera libéré. Le projet de définir officiellement le Sand Engine comme une zone de surf est actuellement en consultation avec la province et les municipalités.

La poursuite de la mobilisation

Pour compenser l’interdiction d’accès et le refus d’optimisation, les zones du Sud (Ter Heijde) et du Nord (Kijkduin) du Sand Engine sont étudiées afin d’envisager de nouveaux spots de surf: la première est officiellement désignée comme zone de surf contrairement à la seconde encore interdite d’accès du fait de forts courants.

Surf Interest poursuit sa mobilisation afin que les surfeurs soient pris en compte. D’ici l’automne, la mer près du Sand Engine se transformera en  bas fonds ce qui nuira aux vagues comme cela s’est produit à Camperduin et à Ameland. Mais la bonne nouvelle résulte du fait que de très belles vagues autour du Sand Engine en hiver seront présentes et accessibles quoiqu’il arrive.

Surfrider Foundation Europe et son Gardien restent mobilisés.

Pour en savoir plus sur notre Programme et nos dossiers Gardiens de la Côte, visitez notre page Facebook «  Surfrider – Keepers of the Coast ».

Une vague de renommée internationale en danger

A Crab Island et Point Doolin en Irlande, les vagues se brisent sur les massifs calcaires et forment depuis des siècles des tubes impressionnants. C’est l’un des spots de surf les plus reconnus et fréquentés d’Irlande. Malheureusement, un projet d’extension de quai pour accueillir de plus gros ferries entre Crab Island et Aran Island vient menacer la vague. Ce dossier rentre dans notre Programme Gardien de la Côte mais aussi dans notre Programme environnemental Patrimoine et Vague.

Les potentiels impacts et conséquences du projet adopté

Avec le projet d’extension de quai choisi par le Conseil du Comté de Clare (Clare CoCo), les surfeurs vont devoir traverser, en ramant, le chemin des ferries pour rejoindre le line-up. Cette extension va créer d’importants courants autour de la zone de surf. A marée haute, la houle va venir heurter la côte assez violemment, ce qui va provoquer un ressac plus ou moins important, en fonction de la force de la houle et de la pente de la côte qui peut propulser les surfeurs contre les rochers. De plus, la qualité de ces deux vagues, de renommée mondiale, va donc être menacée. Le projet va aussi engendrer des dragages du fond de la mer réguliers qui vont impacter l’environnement et notamment les différents espèces aquatiques de la région comme les dauphins. Pour finir, le quai proposé est d’une très grande échelle et sera malheureusement visible de nombreux points de vue et de nombreuses régions avoisinantes. Une étude d’impact devait-être prévue pour évaluer ces impacts négatifs.

Des surfeurs ignorés et leurrés

Les conséquences sur les vagues et sur la sécurité des surfeurs ont été ignorées. La communauté internationale de surf se mobilise pour une prise en compte de leurs intérêts dans le projet. Ils souhaitent que le projet soit repensé pour satisfaire au mieux toutes les parties-prenantes. Après de nombreuses demandes, faites par le West Coast Surf Club et l’Irish Surfing Association, adressées à Clare CoCo pour annuler les plans prévus et participer à l’élaboration de nouveaux plans, une rencontre a enfin eu lieu. Il a été démontré par des photos et images des vagues que l’étude de modélisation présentée par le Comté était fausse et inexacte. En prenant seulement en considération 1m de houle, cela avait déjà des conséquences négatives sur les vagues (or la houle va de 1m à 5m). Des études supplémentaires devaient-être réalisées mais rien n’a été fait.

Une mauvaise surprise

Fin 2010, après plusieurs discussions et réunions publiques, le projet d’aménagement de 6,000,000 euros était sur le point d’être retiré pour qu’un nouveau projet revu à la baisse soit étudié et présenté publiquement. Un nouveau projet permettant de satisfaire les deux parties a pourtant été proposé : l’idée était de déplacer la construction de 25 mètres et de réduire la longueur du quai de 15 mètres, afin de réduire son impact sur la vague. A la surprise générale et faisant fi du mécontentement général, les autorités locales ont voté à l’unanimité, en mars 2011, en faveur du projet initial.

La poursuite de la mobilisation

Une grande déception qui ne sonne pas le glas du combat de SFE et des surfeurs locaux, qui comptent désormais saisir les plus hautes instances de l’Etat pour empêcher qu’une vague de classe mondiale disparaisse. Avant le début des travaux prévus en Juillet-Août 2011, le Conseil doit obtenir l’autorisation du Ministère de l’Environnement pour une licence de développement du littoral. Le Ministère a d’ores et déjà demandé au Conseil d’entamer une étude de modélisation des vagues en réponse aux craintes des surfeurs concernant la jetée de Doolin et leurs fameuses vagues.

Surfrider Foundation Europe et son Gardien restent en alerte.

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Gardiens de la côte : votre action notre combat

Depuis 1980 nos rangs se sont étoffés, issus au départ de la volonté d’un petit groupe de surfeurs engagés, l’association compte aujourd’hui parmi ses membres des pratiquants d’activités nautiques au sens large et des usagers de la plage. Tous unis autour de cet amour de l’océan, et de cette volonté de le préserver, nos combats ont été nombreux et certains couronnés de succès. Même dans la défaite, notre mobilisation et notre engagement seront toujours une grande victoire.

Ce qui nous rassemble, c’est bien cette volonté de continuer à profiter d’un patrimoine naturel exceptionnel et surtout de le transmettre en l’état aux générations futures. Mais aujourd’hui rares sont les littoraux épargnés par les pollutions, par les projets d’aménagement, nos activités se concentrant inexorablement sur les zones côtières. Face à une urgence pour notre communauté, Surfrider devait apporter une réponse rapide. De cette nécessité d’agir est né le programme d’actions locales : « Gardiens de la côte ».

Un programme basé sur le volontariat

Fondé sur le volontariat, les « Gardiens de la Côte » constituent un programme d’actions concrètes qui invite chacun à s’impliquer dans la protection du littoral près de chez soi.  La méthode est simple mais ne peut se déroger à une règle : l’action doit être portée en local par un Gardien de la côte. Dans un souci d’efficacité de cette campagne d’accompagnement, il est logique et important que les Gardiens de la Côte soient des personnes volontaires et investies dans leur démarche. Surfrider apporte un soutien scientifique, médiatique, méthodologique et juridique.

Ce sont plus d’une centaine de dossiers traités ces trois dernières années. Beaucoup de cas de pollutions, reflets d’une dégradation de la qualité des eaux littorales. L’aménagement littoral exerce une pression conséquente sur la bande côtière. Le développement des zones urbaines, industrielles, portuaires ayant bien souvent des conséquences irréversibles sur des écosystèmes déjà fragilisés.

Un programme pour protéger notre patrimoine naturel

Alors que la vie marine se concentre sur la bande côtière, elle n’est pas la seule à être menacée. Ce patrimoine naturel est une aire de jeu pour de nombreux usagers. Mais là aussi les impacts sur nos activités et notre santé sont nombreux. Les disparitions de vagues liées à des projets d’artificialisation ont causés la disparition ponctuelle ou définitive de spots de surf. L’aménagement littoral contribue donc à la disparition de sites d’usages, mais aussi à la dégradation de la qualité des eaux des zones de baignade et d’activités nautiques. Malheureusement, bien heureux sera le pratiquant qui n’a jamais hérité d’une gastro-entérite, d’une otite ou d’une conjonctivite suite une session de surf. Et là, il ne s’agit que de pathologies liées à des contaminations fécales (microbiologiques) de l’eau. Quid des pollutions d’origine chimique qui d’ailleurs n’entrent pas en compte dans les critères de surveillance de la qualité des eaux de baignade ?

Nous tenons aujourd’hui  à remercier l’engagement à nos côté de tous les Gardiens de la côte. Toutes vos victoires sur le terrain et votre mobilisation ont marquées des avancées importantes dans la lutte que mène surfrider depuis maintenant 20 ans. Cette mobilisation à l’échelle européenne ne doit pas faiblir, il y a encore de nombreuses victoires en perspective. Et N’oublions pas que l’important dans tout cela, c’est notre mobilisation et notre volonté de ne pas laisser faire.

En savoir plus ou  apportez votre soutien au programme « Gardiens de la côte »

Un dossier Gardien de la Côte victorieux

La grande fragilité des dunes de Seignosse. Après des années de combat, une victoire d'un dossier" Gardien de la Côte"

Dans le cadre d’un dossier « Gardien de la Côte« ,  SFE (Surfrider Foundation Europe)  a participé aux actions visant à faire pression sur le Ministère de l’Agriculture afin de protéger la dune du Penon à Seignosse (France),  endommagée depuis l’abandon de sa concession par l’Office National des Forêts en 2000.
Fin 2010, nous avons appris que le dossier a enfin été débloqué et la gestion de la dune de nouveau confiée aux services techniques de l’ONF. Les premiers travaux d’urgence de lutte contre l’érosion éolienne et de prévention du piétinement viennent d’être engagés sur le terrain et ils se poursuivront courant décembre 2010.

Une préservation dans la démarche de restauration de la plage du Penon

Par ailleurs, l’ONF nous assure qu’une étude plus globale de restauration et d’organisation de l’accueil du public est en cours dans le cadre de la rénovation du plan plage du Penon. Les aspects protection des milieux dunaires et canalisation de la fréquentation y sont naturellement  pris en compte. Depuis l’abandon du gestionnaire en 2000, SFE a déploré le passage répété de promeneurs en dehors des couloirs prévus pour accéder à la plage, ce qui avait pour conséquence de fragiliser la stabilité de la dune et d’endommager ce patrimoine naturel et paysager. La pression humaine exercée sur ce milieu mais aussi les pollutions récurrentes ont favorisé l’apparition de brèches permettant au sable de s’enfoncer davantage à l’intérieur des terres. Ceci a accéléré le processus naturel d’érosion du site et constitué une menace écologique préoccupante.
Surfrider Foundation Europe se félicite que ce dossier en souffrance soit aujourd’hui réglé et que la protection du milieu dunaire de Seignosse fasse partie d’une politique de préservation durable et programmée.

Aude Briaux