Les laboratoires à la reconquête de la qualité des zones d’activités nautiques

A travers le programme « qualité de l’eau et santé » Surfrider Foundation Europe a pour objectif de surveiller et préserver la qualité de l’eau ainsi que la santé des usagers et pratiquants d’activités nautiques, tout au long de l’année. En 2001, un réseau de suivi complémentaire des eaux apparaît avec la création d’un premier laboratoire sur la Côte Basque française. Prévus pour pallier les insuffisances des directives de 1976 et 2006 sur la qualité des eaux de baignades, ces laboratoires vont se développer au fil des années pour devenir un outil essentiel dans la surveillance des eaux de zones d’activités nautiques, laissées pour compte par la directive.

Reconquête de la qualité des zones d’activités nautiques

Les laboratoires créés par Surfrider Foundation Europe ont un rôle important dans la lutte contre les pollutions bactériologiques affectant la qualité des eaux du littoral. En 2007, est lancé le laboratoire Méditerranée à Marseille. Suivront 5 autres laboratoires : sur la Côte Basque espagnole en 2008, en Bretagne et Midi-Pyrénées en 2009, un nouveau laboratoire Côte Basque française en 2010, et enfin en 2011 à Oléron dans le cadre du projet Bestmilitt (suivi BEnévole et ScienTifique des contaminations Microbiologiques du LITToral d’oléron).

Ces laboratoires ont pour objectif d’effectuer un suivi tout au long de l’année des eaux de baignades et des zones d’activités nautiques en plus des réseaux existants (ARS, municipalités…) afin d’améliorer nos connaissances et récolter un maximum de données sur la qualité de chaque site surveillé. Mais ces laboratoires ont aussi vocation à informer les pratiquants d’activités nautiques, les usagers du littoral, le grand public ainsi que les acteurs locaux. Une fois les problèmes de contamination mis en évidence, il s’agit d’opérer un travail de concertation avec les différents acteurs locaux pour les résoudre.

Les laboratoires : un réseau de suivi complémentaire effectué par des bénévoles

Une centaine de bénévoles, les Waterman Testeurs, s’occupent tout au long de l’année d’effectuer des prélèvements dans différents sites de suivi de qualité des eaux. Une fois récoltés, les échantillons sont analysés au sein de laboratoires départementaux et dans le cas de la Méditerranée dans un laboratoire indépendant de Surfrider Foundation Europe à Marseille. Dans un souci de légitimité des résultats obtenus, les méthodes d’analyse sont conformes à la réglementation s’appliquant aux eaux de baignades.

Durant l’année, deux périodes d’analyses sont menées : une série de prélèvements hebdomadaires au cours de la période estivale du 1er mai au 31 octobre et des prélèvements bimensuels durant la période hivernale, du 1er novembre au 30 avril.

Une légitimité acquise au niveau local

Depuis la création du premier laboratoire en 2007, nous avons pu réunir de nombreuses données, récoltées sur  62 zones d’activités nautiques surveillées, nous permettant d’informer le grand public et les acteurs concernés par la qualité de l’eau. Sur ces 62 sites, 9 étaient de qualité excellente, 9 de bonne qualité, 14 de qualité suffisante et 30 de qualité insuffisante. Ainsi près de 3500 prélèvements et 7000 analyses ont été réalisés et plus de 300 pollutions ont pu être mises en évidence.

La base de données acquise nous permet d’asseoir notre présence au niveau local et d’être reconnu comme un acteur incontournable auprès des citoyens et politiques, s’agissant des problématiques relatives aux pollutions littorales.

Des outils de communication développés

Les outils de communication utilisés pour ces résultats sont nombreux : des posters utilisés dans les évènements auxquels participe Surfrider, des fiches de résultats envoyées par mail aux bénévoles, associations et clubs nautiques mais aussi à certains élus et depuis 2008, les résultats de ces analyses sont publiés sur notre page internet. Chaque laboratoire a également créé une page Facebook afin de publier les données recueillies.

En cas de dépassement, les communes concernées sont informées et des enquêtes de terrain sont menées afin d’identifier la source de la pollution. Des profils de vulnérabilité récapitulent l’ensemble des données récoltées lors des enquêtes et du travail de concertation opéré avec les différents acteurs locaux.

Des laboratoires en perpétuelle évolution depuis leur création

Depuis 4 ans, avec le travail de ces laboratoires, Surfrider Foundation Europe lutte pour l’amélioration de la qualité des eaux littorales et la santé des pratiquants d’activités nautiques. L’association continue de développer le travail autour de ces laboratoires et souhaite désormais intégrer la problématique des polluants chimiques, en réalisant notamment le suivi d’un paramètre chimique (les hydrocarbures) dans son laboratoire méditerranéen.

Si les menaces et atteintes contre le littoral sont toujours aussi nombreuses, les résultats obtenus au fil des années s’avèrent encourageants et récompensent le travail fourni par nos Waterman Testeurs. Aujourd’hui nous souhaitons les mettre en avant, car sans l’appui de ce réseau bénévole, le programme « Qualité de l’eau et santé » n’aurait pu évoluer au cours des dernières années. A venir prochainement sur notre blog, des rencontres avec ces Waterman Testeurs.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

 

Conférence « L’eau et la santé »

Indispensable à la vie et à la santé, l’eau peut être aussi à l’origine de graves maladies.Notre état de santé dépend donc en grande partie de la qualité de l’eau que nous buvons.Les grandes politiques d’hygiène et de santé publique, initiées en France au début du 19ème, ont abouti à la mise en place d’un réseau d’alimentation en eau potable qui dessert désormais toutes les habitations.

Il aura quand même fallu plus d’un siècle de travaux et d’investissements pour que chacun puisse disposer d’une eau qui, en l’état des connaissances scientifiques du moment, ne présente aucun risque pour la santé humaine.Mais cette situation demeure un privilège dont bénéficient seulement les habitants des pays les plus développés

Ce mardi 6 décembre 2011, Surfrider Campus en partenariat avec l’Agence de l’Eau Adour Garonne organise une conférence sur « la santé et l’eau » dans ses locaux au 16 avenue d’Etienne (ancien tribunal d’instance), à Biarritz. La conférence commencera à partir de 18h30 pour finir aux alentours de 20h30 et sera retransmise en direct.

Cette conférence est ouverte à tous. Venez nombreux, emmenez vos parents, vos amis ou vos voisins et venez profiter d’un moment agréable pour échanger sur ces thématiques d’actualités.

Ce rendez-vous s’inscrit dans un cycle de conférences bimestrielles sur l’eau destinées au grand public, organisé par Surfrider et l’Agence de l’Eau Adour-Garonne.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter Boris Masseron par email à bmasseron@surfrider.eu ou par téléphone au 05 59 01 61 57.

 

« Our Water, Our life », entretien avec Hiromi Matsubara directrice exécutive de Surfrider Foundation Japon

La catastrophe de Fukushima a permis à Surfrider Foundation Japon de réaffirmer ses objectifs de protection des océans, des vagues et des plages. L’association s’est ainsi rapidement mobilisée afin de trouver des solutions concernant la pollution engendrée par le tsunami.

À l’occasion de la Global Wave Conference qui s’est déroulée les 24 et 25 octobre 2011, il n’était pas négligeable de dresser un bilan de la catastrophe. Pour cela nous avons rencontré Hiromi Matsubara, directrice exécutive de Surfrider Japon, que nous avions déjà interrogé en Juin dernier.

Quelle est aujourd’hui l’avancée du nettoyage des plages ? Concernant la présence des débris dans l’eau et sur les plages, quelle en est la situation actuelle ?

Les nettoyages des plages ont été effectués par des surfeurs locaux et par toute personne aimant l’océan, avec l’aide de notre association. Cela a permis de venir en aide à la communauté, en ramassant les nombreux débris qui se trouvaient sur les plages. Certains ont pu être ramassés d’autres non. Il a fallu beaucoup de temps et de patience pour nettoyer entièrement ces plages mais aujourd’hui ces régions sont parfaitement propres. Cependant, certaines, comme celle de Sendai, prendront certainement plus de temps, dans la mesure où la route et les accès aux plages sont interdits au public. Il y a encore de nombreux containers sur le sable et nous avons besoin que la municipalité soutienne notre projet. Mais pour le moment, la priorité est bien sûr d’aider la communauté à reprendre une vie normale, à reconstruire les routes et à reloger les sinistrés. La situation s’améliore donc de jour en jour, mais pour autant la plupart des plages restent désertes, les gens ayant encore peur et n’étant pas prêts à retourner dans l’eau.

Est-ce que le nettoyage de plages effectué par les volontaires présentait un danger pour leur santé ?

C’est une question délicate que nous nous sommes bien évidemment posée. Quand le tsunami a frappé le Japon, personne ne savait alors quels seraient les impacts sur l’environnement et dans quelle mesure l’eau, le sol et le sable seraient contaminés. Nous avions peur d’envoyer des volontaires pour nettoyer les plages malgré l’urgence de la situation. Nous ne voulions pas prendre le risque qu’ils tombent malades. Mais si les bénévoles, de leur propre initiative, souhaitaient se rendre sur place pour nettoyer les plages, bien sûr, nous étions là pour leur apporter notre aide. Ce fut difficile à organiser dans la mesure où nous ne pouvions garantir que chaque nettoyage était sûr.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre nouveau projet « Our water Our life » ?

Notre nouvelle campagne appelée « Our water, Our life » a pour objectif de permettre une prise de conscience concernant l’état de notre océan, qui se retrouve aujourd’hui potentiellement contaminé par la radioactivité, mais également qui est aussi pollué par le plastique et autres produits chimiques déjà présents dans l’océan. Nous avons nommé ce projet « Our water, Our life » et non « our beach » ou « our ocean » car nous souhaitons que ce projet concerne le plus grand nombre.

Cela a pris plus longtemps que nous le pensions pour lancer notre campagne. C’est une catastrophe de telle ampleur que cela allait bien au-delà de notre domaine de compétence. Au départ la campagne a été lancée par des surfeurs concernés par l’état des océans et les conséquences que cela pourrait avoir sur leur santé mais aussi celle de leur enfant. À l’heure actuelle, on ne peut dire quand ils pourront repartir surfer ou seulement retourner à la plage.

Les objectifs de notre projet sont fondés sur la recherche d’informations fiables et de sources auxquelles nous pouvons faire confiance. Il ne s’agit pas seulement de l’océan et des plages, nous voulons créer une sensibilisation autour de la qualité de l’eau en général, car tout est connecté. Ce qui est dans l’air ou dans le sol peut éventuellement se retrouver dans l’océan. Cela va être une longue bataille, il nous faudra surveiller l’état des océans pendant des années.

Un concept sous-jacent à ce projet est d’amener des gens à pratiquer des activités de plage, leur permettre de rejoindre la communauté déjà présente et cela afin de créer un environnement sain et attrayant sur le littoral. Malheureusement, au Japon, surfer n’est qu’un loisir, ce n’est pas un sport professionnel et ce n’est donc pas une priorité. Mais nous pensons que si chaque personne vivant à proximité de la côte peut se sentir concernée d’une manière ou d’une autre par la pollution de l’eau et des océans, alors peut-être nous pourrions avoir un réel impact. Nous voulons cibler ces personnes et en particulier les enfants en les éduquant et en les sensibilisant sur les problématiques environnementales. Nous ne voulons pas seulement interpeller les surfeurs, nous voulons aller au-delà, pour apprécier ce que jusqu’à aujourd’hui nous tenions pour acquis.

Quelles méthodes utilisez-vous ? Avez-vous des premiers résultats à nous donner ?

Nous travaillons avec des laboratoires et des experts qui surveillent et effectuent des recherches sur le dosage de radiations dans l’océan. Pour le moment, sur les trois échantillons de données que nous avons recueillis aucune trace de radiations n’a été détectée. Cependant nous ne pouvons être certains de ces résultats, ils pourraient être différents demain. Comme nous le savons tous, notamment en tant que surfeurs, l’océan est toujours en mouvement.

Nous surveillons actuellement trois spots de surf, deux à Ibaragi (à environ100 kmau sud de Fukushima) et le troisième à Chiba (à250 kmde Fukushima), où je vis actuellement et où j’ai, ou du moins, avais l’habitude de surfer. Nous avons sélectionné ces trois endroits car nous voulions être sûrs de mobiliser le plus de personnes. À Ibaragi notamment, nous avons des militants désireux de tester et de connaitre la qualité de l’océan dans lequel ils surfent habituellement.

Nous avons récemment mené des recherches à Sendai, actuellement ce spot est interdit et les accès à la plage ont été bloqués. Personne ne peut s’y rendre, on trouve encore de nombreux containers sur le sable et il reste sans doute des débris de la catastrophe dans l’eau.

Certains résultats nous sont parvenus peu de temps avant mon départ du Japon, il y a quelques semaines. Aucune trace de radiations n’est apparue dans les tests, mais comme la zone a été touchée par le tsunami, des produits chimiques et des débris se sont retrouvés dans l’eau. Certains surfeurs n’ont pas pu résister à l’envie de surfer et bien entendu sont tombés immédiatement malades. Cela a confirmé le fait que l’océan était bel et bien contaminé même si heureusement il ne s’agit pas de radioactivité. Nous espérons surveiller dans les mois à venir une dizaine de spots dont ceux se situant près de Fukushima.

Mais cela étant dit, nous restons prudents concernant la publication de ces données, nous estimons qu’il est important de le faire étant donné que le gouvernement n’agit pas. Mais nous ne voulons pas que les personnes retournent à l’eau seulement en fonction des résultats que nous avons. Nous l’avons toujours dit, nous ne sommes pas experts dans ce domaine et il n’y a donc aucune garantie. Nous voulons juste que les personnes aient accès aux informations.

La situation n’est pas aussi dramatique que nous le pensions, mais nous avons aujourd’hui besoin de surveiller et tester le sable ainsi que les fonds marins. Nous essayons de comprendre ce qui provoque l’accumulation de radiations dans l’eau et ses effets sur l’environnement marin. Pour ce faire nous avons besoin de continuer à utiliser une approche scientifique afin d’obtenir des perspectives différentes. C’est un grand défi pour nous de créer ce lien avec le monde scientifique.

Combien vous coûte un échantillon ?

Un échantillon coûte environ 350 euros ce qui n’est pas excessif. Cependant nous venons de découvrir que seulement un certain type d’isotope radioactif  peut être détecté lors des tests effectués. Lorsque nous avons demandé aux laboratoires avec lesquels nous travaillons pourquoi, ils n’ont expliqué que le matériel avec lequel ils travaillent n’est pas conçu pour ce genre de recherches. Ils n’étaient pas préparés pour cela, la situation allant bien au-delà de ce que l’on pouvait imaginer. Des recherches plus poussées seraient possibles mais cela coûterait dix fois plus cher et nous n’avons pas actuellement ce budget.

Quelle politique soutenez-vous avec votre campagne ?

Je pense que nous avons tous du mal à savoir qu’elle est la situation réelle aujourd’hui. Le gouvernement malgré les conséquences indéniables de la catastrophe ne partage toujours par les informations auxquelles nous devrions tous avoir accès. Nous ne connaissons donc pas la vérité concernant l’impact réel de tsunami.

D’un côté on nous dit que tout va bien mais de l’autre force est de constater que ce n’est pas le cas. Nous devons donc avoir notre propre jugement et décider ce en quoi croire. C’est une situation plutôt délicate car personne avant n’avait vécu ce genre de situation, de plus il n’y a pas assez de scientifiques pour fournir des preuves et mener des recherches.

Nous sommes à une époque où les moyens de communication sont multiples, il est donc important que les gens puissent avoir accès à des informations fiables. Nous ne voulons pas nous opposer au gouvernement ou aux partis politiques. Nous voulons seulement souligner que leur comportement concernant le partage des informations est irresponsable. Si au départ ils avaient agi nous n’aurions pas eu à lancer cette campagne. Pour autant nous essayons d’agir de manière positive, afin d’éviter la confrontation et trouver des solutions. S’opposer à eux et les critiquer n’est pas une solution et ne permettra pas à la situation d’évoluer.

Je ne veux pas perdre mon temps et ma passion en étant négative. La situation dans laquelle nous sommes est bien assez difficile. Nous devons aujourd’hui gagner le soutien du public afin de créer une vraie prise de conscience. Si nous devenons la voix des citoyens, nous gagnerons en crédibilité et peut-être alors nous obtiendrons l’attention du gouvernement et du reste du monde.

Nous devons essayer de trouver la vérité en vue de trouver une solution. C’est un combat très difficile, mais quelqu’un doit le faire et j’espère que nous parviendrons à mobiliser les gens. Si nous agissons ensemble, si nous réunissons nos efforts alors nous espérons voir les choses évoluées.

Vous avez pris part à la Global Wave Conference les 24 et 25 octobre, en intervenant sur l’état des zones affectées par le tsunami. Quelles sont aujourd’hui vos attentes suite à cette conférence ?

En venant à cette conférence je voulais partager notre histoire mais aussi recueillir des fonds pour les tests. C’était aussi l’occasion de nous rassembler afin de partager notre passion et notre envie de protéger les océans. Cette catastrophe pourrait se produire n’importe où et nous devons nous soutenir et apprendre les uns des autres.

Je sais que nous avons tous nos propres enjeux et priorités, mais j’espère pouvoir toucher les gens et obtenir leur soutien. Si nous apprenons de nos erreurs, nous serons prêts à l’avenir si une situation comme celle-ci devait se reproduire. Si les personnes présentes à la conférence pouvaient garder un temps notre histoire en mémoire et nous aider à la relayer, alors la situation pourrait peut-être évoluer et devenir meilleure.

Pour plus d’informations sur « Our water, Our life » : http://surfrider.jp/en/

 

 


Hiromi Matsubara presents Our Water Our Life par SurfriderEurope

Algues vertes en Bretagne : récit d’un été meurtrier

53000m3 d’algues vertes ramassées fin août 2011, voilà un chiffre probant que ne laisse rien présager de bon pour l’avenir du littoral breton. Les quantités d’algues échouées sont toujours plus importantes. Le Finistère massivement touché avec 2 mois d’avance a vu 22011 m3 d’algues récoltées en 2011 contre 12494m3 en 2010. Le fléau  vert se répand  inexorablement sur les plages bretonnes…

Des chiffres inquiétants

36, c’est le nombre de sangliers morts en Baie de Morieux, dans l’estuaire du Gouessant en août 2011. Le coupable est l’hydrogène Sulfuré (H2S). Selon l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques), le H2S est un gaz très toxique, irritant des voies respiratoires et un neurotoxique par asphyxie. Son odeur caractéristique d’œuf pourri se détecte dès 0,2 à 0,3ppm, elle est nette pour 20 à 30 ppm mais vers 100ppm  l’odorat est totalement anesthésié !  La cause du décès de ces sangliers ne sera habilement révélée au grand public qu’en septembre, alors même que  la saison estivale se termine.

Des algues et des hommes

La Bretagne alors prise de panique, s’inquiète parce que la conclusion est cette fois sans détour : les algues vertes tuent et le danger pour la population est avéré.

Le malaise déjà palpable s’installe lourdement sur les territoires touchés par les marées vertes. Rappelons que 5 secteurs concentrent plus de 85% des échouages d’algues vertes sur baies sableuses : les baies de Douarnenez, Fresnaye, Saint-Brieuc, Saint Michel en Grève  ainsi que l’Anse de Binic.

La lutte intestine entre agriculteurs, notamment éleveurs et associations environnementales est virulente. Les associations costarmoricaines portent plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. L’association Eau et Rivière de Bretagne hausse le ton et appelle l’Etat à prendre ses responsabilités afin de remettre en cause le modèle actuel d’élevage intensif.

Les éleveurs cernés par les critiques tentent vainement de prouver à l’opinion publique que les porcs bretons ne seraient pas les seuls responsables de tout cela. Les agriculteurs se sentent stigmatisés par les associations et le monde scientifique.

Le point d’orgue de ce « ras le bol » fut le rassemblement régional du 17 septembre à Fouesnant. Organisé par la coordination  Marées vertes, une manifestation  contre les algues vertes a été suivie par 80 associations. A noter qu’une contre manifestation fut également organisée au même endroit le même jour par les agriculteurs . Cette fois là pas de heurts mais la lutte est loin d’être terminée.

Surfrider déplore le manque d’action de l’Etat

Pour Surfrider les causes des marées vertes sont claires et l’élevage intensif à travers le modèle agricole actuel est responsable de cet état de fait. L’Etat doit effectivement prendre ses responsabilités. Malheureusement, le plan algues vertes proposait en 2010 n’est clairement pas suffisant. Il existe certes un volet curatif avec des innovations intéressantes, telles que la méthanisation. En revanche,  les actions de prévention  nécessaires pour limiter l’excédent de nitrates dans les eaux sont inappliquées voire inexistantes.

Depuis peu, le bureau breton de Surfrider travaille à la mise en place d’une stratégie pour contribuer à la lutte contre les algues vertes. En tant que représentants des pratiquants d’activités nautiques nous ne pouvons plus rester inactifs face aux fermetures répétées des plages bretonnes et au danger encouru par les usagers lorsqu’ils fréquentent les plages souillées d’algues vertes. Afin que tout un chacun puisse conserver son droit de jouir librement des plages, des vagues et du littoral, Surfrider livrera prochainement sa stratégie.

Fermetures des plages : bilan de l’été

Quel sort s’acharne sur les plagistes ? Cette année, en plus d’une météo capricieuse, les vacanciers ont été confrontés à un nombre important de fermetures de plages en France, quelque soit leur localisation. Les raisons sont multiples et sont de plus en plus récurrentes alors que certaines peuvent être évitables.

Les fortes pluies de juillet ont favorisé les pollutions bactériologiques

Le premier facteur qui est venu gâcher les vacances cet été sur le littoral français a été des conditions climatiques qui n’ont pas été à la hauteur des attentes. Dès le premier jour ensoleillé suivant, les vacanciers s’empressent vers les plages. Mais là, mauvaise surprise, le drapeau violet est hissé. Dans un premier temps, les gens s’interrogent sur la signification de ce drapeau. Puis, ils comprennent très vite que la baignade est interdite. En effet, quasi systématiquement, la baignade n’est pas autorisée le ou les jours qui suivent un épisode pluvieux. La cause, une pollution bactériologique ! Pourquoi ? Car les capacités des stations d’épuration ont été atteintes et le surplus se déverse, sans subir de traitement, dans les rivières qui rejoignent l’océan. Cet été, tous les littoraux français (Manche, Atlantique et Méditerranée) ont connu ce phénomène. La ville la plus emblématique touchée est sans doute Marseille. Cependant, depuis plusieurs années, les communes (ou collectivités territoriales) travaillent à améliorer sans cesse les réseaux d’assainissements et les stations d’épurations pour minimiser ce genre de pollution. C’est pourquoi, le nombre de jours de fermeture liée à cette cause a plutôt tendance à baisser ces dernières années.

Algues vertes et dégazages, conséquences de l’activité humaine

Malheureusement, les fermetures des plages ne s’arrêtent pas là. D’autres causes sont venues perturber la tranquillité des vacanciers. A chaque littoral, sa problématique : les algues vertes pour la Bretagne, les physalies pour l’Aquitaine, et les dégazages ou pollution chimique pour la Méditerranée.

Cette année, plus que les précédentes, les algues vertes en Bretagne ont encore fait la Une de l’actualité pendant l’été. En cause, la mort de 36 sangliers dont l’algue verte serait responsable, d’après les derniers rapports. Les origines de la prolifération de ces algues vertes sont connues : nitrates, apportés en grande partie (80%) par l’agriculture, et chaleur.

La ministre de l’écologie, Nathalie Kosciuzko-Morizet, a ainsi pris la décision le 9 août dernier d’interdire toutes les plages (8 baies ont été concernées) pour lesquelles il n’y avait pas de ramassage quotidien des algues vertes.

D’année en année, ce phénomène s’amplifie : 53 000m3 d’algues ramassées à fin août 2011, soit +11% d’augmentation par rapport à l’an dernier.  Jusqu’où cela va-t-il continuer ?

S’attaque-t-on réellement aux causes du problème ?

Autre région, autre cause : l’Aquitaine et les physalies. Depuis 2008, le littoral atlantique a vu l’arrivée des physalies (ou galères portugaises), cousines des méduses. Là encore, le phénomène est en constante augmentation chaque année. Que ce soit en juillet sur la côte basque et les Landes, ou début août sur les cotes girondines, on a pu compter jusqu’à 585 cas de brûlures. Ces animaux vivent normalement dans les eaux chaudes des régions tropicales et subtropicales mais n’ont aucun moyen de contrôler leur route. Alors, transportées au gré des vents et des courants, elles peuvent venir s’échouer sur les plages d’Europe. Les arrivées de physalies qui semblent se multiplier sont peut-être liées à un réchauffement des eaux ou des épisodes de vent et de courants particuliers. La disparition des tortues caouannes, leur prédateur principal, n’y est certainement pas non plus pour rien.

Enfin, en Méditerranée, en plus des épisodes pluvieux, les fermetures des plages ont souvent été dues à des pollutions d’origine humaine, notamment les dégazages.

Doit-on s’attendre à une généralisation des fermetures de nos plages ? Il semblerait qu’on en prenne la direction…

Réouverture de l’ensemble des plages Marseillaises

Calme plat sur la plage de la Pointe-Rouge. Drapeau violet, pancartes interdisant la baignade et petit vent ont découragé les baigneurs. © GABRIEL-PIERRE DOMENECH

Article proposé par Sarah Hatimi

Suite aux fortes pluies du Mercredi 27 Juillet, les drapeaux violets, signes d’interdiction de baignade pour cause de pollutions ont été hissés sur 17 des 21 plages marseillaises.

Cette mesure d’interdiction de la baignade par les services de la ville est préventive et vise à assurer la santé des baigneurs.

Assez rapidement entre le 27 et le 29 Juillet, toutes les plages ont pu être réouvertes…toutes sauf la plage de l’Huveaune !

 

La plage de l’Huveaune, spot emblématique de surf et planche à voile de Marseille demeure un point sensible dans la gestion de la baignade par la ville. Renommée Epluchure Beach par les surfeurs, cette plage, située à proximité du fleuve de l’Huveaune est régulièrement exposée aux pollutions d’origine anthropique. En effet, par temps de pluie, faute de bassin de rétention, la station d’épuration n’est plus en capacité de traiter l’ensemble des eaux usées de l’agglomération marseillaise. Ces eaux usées rejoignent la mer en empruntant le cours naturel de l’Huveaune, lessivant les rues de la ville tout en emportant sur leur passage les déchets présents sur les rives.

Le Mercredi 27 Juillet, un WaterMan Tester a effectué, en kayak, un prélèvement complémentaire sur le secteur de l’Huveaune. Les résultats obtenus montrent clairement une pollution d’origine bactériologique. A titre indicatif, les concentrations étaient largement supérieures aux seuils préconisés par la nouvelle directive de 2006 qui entrera pleinement en vigueur en France en 2013. Tous les résultats sont disponibles sur le site internet de l’association.

Le Jeudi 4 Août au matin la plage de l’Huveaune a pu être réouverte, après que tout doute sanitaire ait été levé, soit sept jours de fermeture. Sept jours de fermeture au total pour la plage de l’Huveaune, une publicité dont la ville de Marseille se serait sûrement passée.

Surfrider Fountation Europe a pu s’exprimer à ce sujet en répondant aux questions d’une journaliste de La Provence le 30 juillet dernier : « Il faut optimiser les protocoles de prélèvements, mettre tous les acteurs du bassin versant autour d’une table. Les choses avancent mais elles ont un coût » (Marc Valmassoni, chargé de mission Méditerranée de Surfrider).

L’association encourage ce type de gestion active tout en rappelant que les solutions choisies sont à court terme. Il faut maintenant agir sur le long terme face à ces pollutions présentes toute l’année.

Pour en savoir plus sur notre Programme et nos dossiers Gardiens de la Côte, visitez notre page Facebook «  Surfrider – Keepers of the Coast ».

Qualité des Eaux de baignade au Pays Basque : un nouvel outil de suivi pour Surfrider

En pleine saison estivale, nombreux sont les vacanciers qui ont choisi le littoral français comme destination pour pouvoir notamment profiter des activités récréatives que propose l’océan.La qualité de l’eau pourrait gâcher leur séjour si elle ne répondait pas aux normes européennes.

Les Agences Régionales de Santé (ARS) organisent, pour le compte du ministère de la santé, des prélèvements tout au long de la saison balnéaire, généralement entre le 15 juin et le 15 septembre. Elles sont tenues de réaliser ce contrôle au minimum de manière bimensuelle (résultats accessibles sur leur site).

Malheureusement, la technique d’analyse utilisée ne permet d’avoir les résultats avant 48h. Problématique pour prévenir les  risques sanitaires et informer la population.

Les communes agissent

Les communes, conscientes de l’importance de cet enjeu sanitaire et de l’image qu’elle pourrait renvoyer au public, mettent en œuvre différentes actions pour améliorer ce point. La plus pratique et la plus utile pour les vacanciers est celle de la mise en place d’un suivi journalier de la qualité des eaux de baignade. Chaque commune peut à son initiative instaurer ce suivi qui permet d’évaluer la qualité de ses eaux. Le prélèvement se fait habituellement très tôt le matin ce qui permet à la lecture des résultats obtenus sous 3h de prendre les décisions préventives de fermeture des plages en cas de dépassement des seuils autorisés. A titre palliatif, et après un état des lieux exhaustif, les communes solutionnent les problèmes un à un en fonction de leur importance sur la dégradation de  la qualité de l’eau, mais aussi en fonction du coût des travaux nécessaires.

Un réseau de suivi complémentaire Surfrider

Pourquoi Surfrider décide de lancer cet outil ? Ce réseau de suivi complémentaire de la qualité des eaux de baignade va opérer des analyses tout au long de l’année en deux périodes : du 1er mai au 31 octobre, le prélèvement se fera chaque semaine tandis que du 1er novembre au 30 avril, le prélèvement aura lieu une semaine sur deux. D’Anglet au nord à Hendaye au sud, 6 sites ont été retenus pour ce suivi complémentaire : La Barre (Anglet), Ilbarritz et Ouhabia (Bidart), Erromardie et Ste Barbe (St jean de Luz) et Sokoburu (Hendaye). A la différence des suivis des communes ou des ARS, Surfrider a choisi des sites plutôt fréquentés par les pratiquants de sports nautiques. Ce réseau de suivi se veut complémentaire (gestion à posteriori car les résultats visibles sur notre site sous 3 jours) aux autres réseaux existants nous diffusons les résultats des analyses sous 3 jours (lien du site). Lancé officiellement le 13 juillet 2011 en compagnie des parties prenantes à la gestion de ces eaux, l’objectif de cette campagne de suivi complémentaire est d’améliorer les connaissances sur les profils de dégradation possible de la qualité de l’eau. Lorsque des taux de contamination anormaux sont constatés une cellule de concertation avec les acteurs locaux et une enquête est mise en place pour régler le problème à sa source.

Surfrider a déjà installé ce type de suivi en Méditerranée, Bretagne et Pays Basque espagnol. C’est le second réseau de suivi lancé cette année avec la Charente Maritime. Le Pays Basque français rivalise désormais avec le suivi développé depuis la coordination de San Sebastien.

Premiers résultats

Si les analyses depuis le lancement ont été conformes à la règlementation et ont permis de se mettre  à l’eau sans risque bactériologique, nos analyses du 27 juillet 2011 ont révélé un dépassement des seuils autorisés pour  4 sites sur 6. Il est vraisemblable que  l’épisode pluvieux ayant précédé de trois jours  nos prélèvements, ait probablement provoqué cette dégradation. Il est à noter que es communes avaient anticipé en fermant les plages du 25 au 27 juillet 2011 inclus.

Le travail commun que mènent les collectivités territoriales et Surfrider vise à améliorer la qualité des eaux de baignades à la fois pour respecter les normes européennes plus drastiques, mais avant tout  pour protéger la santé des usagers de la mer et les informer.

L’Océan et les substances chimiques ?

 

La fondation Quiksilver soutient des études sur la recherche et la protection en environnement. Surfrider Foundation Europe, association de protection du littoral, se bat depuis 20 ans pour l’amélioration de la qualité des eaux littorales et la santé des pratiquants d’activités nautiques.

Afin d’unir leurs forces, Surfrider Foundation Europe et Quiksilver ont décidé de travailler ensemble pour la protection de l’océan et notamment sur la thématique des polluants chimiques.

Depuis quelques années, on constate une émergence de la problématique sur les pollutions chimiques et la santé. SFE a donc proposé à Quiksilver de lancer un programme innovant sur ce sujet. Ainsi, fin 2010 un projet commun a démarré pour évaluer la présence de substances chimiques dans les eaux littorales et leurs impacts potentiels.

Une étude approfondie et une analyse comparative des textes réglementaires en France et en Europe a permis de faire un bilan et de déterminer les substances surveillées parmi les substances chimiques présentes dans le milieu marin.

La création et le développement d’un réseau d’experts a également débuté grâce à la participation à des conférences, des rencontres avec des interlocuteurs de référence sur la thématique : Ifremer, Ineris, laboratoires d’analyse, médecins, associations…. Ces prises de contact nous ont permis de dresser un panorama complet des études en cours et passées relatives aux impacts des substances chimiques sur l’environnement et la santé publique.

De plus, SFE, à titre complémentaire, a mené des recherches approfondies sur les méthodes de détection utilisées pour mesurer ces polluants dans le milieu littoral.

En parallèle, une mise à l’agenda politique a été réalisée afin d’attirer l’attention des décideurs publics sur cette vaste problématique. Ainsi, la visite de Nathalie Kosciusko-Morizet, Ministre de l’Ecologie au Campus de SFE à Biarritz le 6 juin 2011 fut une des occasions d’aborder ce sujet.

Enfin, SFE participe à des groupes de travail nationaux et européen sur cette thématique. Ainsi, SFE contribue à une meilleure prise en compte des micropolluants dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre Stratégie Milieu Marin. Cette Directive vise le maintien du bon état écologique des eaux marines d’ici 2020.

A suivre donc…

Pavillon Bleu, symbole d’une bonne qualité d’eau de baignade ?

Vendredi 1er juillet dernier, le magazine Thalassa a diffusé un reportage sur le label Pavillon Bleu et la qualité des eaux de baignade (émission à voir jusqu’au vendredi 8 juillet).  Un petit rappel avant de se plonger dans les vagues

Qu’est ce que le Pavillon Bleu ?

Le Pavillon Bleu se veut être un label qualitatif à destination touristique, symbole d’une qualité environnementale exemplaire. Il est décerné chaque année aux plages (on ne parlera pas ici des ports de plaisance) qui en font la demande et qui respectent un certain nombre de critères. En effet, 4 catégories de critères rentrent en ligne de compte pour pouvoir prétendre au Pavillon Bleu :

- l’éducation à l’environnement

- l’environnement général ou la gestion du site

- la gestion des déchets

- la gestion de l’eau et du milieu

Suite à l’analyse de ces catégories, la commission accorde ou non l’attribution du Pavillon Bleu.

Peut-on se fier au seul Pavillon Bleu pour connaître la  qualité des eaux de baignade ? On pourrait croire que ce label nous garantit une eau de bonne qualité. Pas tout à fait !

Le label de la confusion

Même si ce label est un premier pas vers une approche globale de l’environnement, il entretient la confusion.  Pour la plupart des gens, le Pavillon bleu est rassurant et certifie la qualité excellente de l’eau dans laquelle ils se baignent. Or, la labellisation se fait par l’étude des résultats de la qualité de l’eau de l’année précédente.

De plus, la labellisation reprend la classification de l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour la qualité de l’eau et n’exige que 5 analyses d’eau durant la saison balnéaire, pour la quasi totalité des plages en France entre le 15 juin et le 15 septembre. Léger pour une période de 90 jours !

Le Pavillon Bleu apporte quelques garanties sur certains points, mais pas en matière de qualité de l’eau. En effet, l’avantage de ce label est que l’évaluation des différents critères se fait chaque année, et donc les communes se doivent d’être performantes en permanence. Ce label permet d’attirer l’attention des communes sur la sensibilisation et l’éducation des estivants, à l’origine d’une grande partie de la pollution par leur comportement. Le label veut inscrire les communes dans une démarche de tourisme durable.

En outre, en cas de pollution accidentelle ou momentanée, la commune a obligation d’abaisser son Pavillon bleu. Acte qui dépend de leur bonne volonté en raison de la faiblesse des contrôles (en moyenne une plage sur deux, une fois dans la saison).

Une idée reçue : Pas de pavillon bleu = mauvaise qualité des eaux 

D’abord, rappelons que pour avoir le label, c’est une démarche volontaire des communes ; ce qui implique que si certaines n’ont pas le label, ce n’est pas pour autant qu’elles n’ont pas une eau de bonne qualité. Il suffit qu’elles n’en fassent pas la demande qui est payante (entre 560€ et 1090€ en fonction de la taille de la commune, mais gratuite la 1ère année) pour ne pas obtenir le Pavillon Bleu.

De plus, une commune peut ne pas avoir ce label en ne répondant pas à un des multiples autres critères du label tout en satisfaisant celui sur la qualité de l’eau. Un manque à combler pour le label Pavillon Bleu serait de publier les raisons du refus de l’attribution du label aux communes pour permettre une meilleure communication vers le grand public.

L’enjeu de la qualité de l’eau et l’information au public :

Pour connaître la qualité actuelle de l’eau, vaut mieux se fier à d’autres vecteurs d’informations que la seule présence du Pavillon Bleu.

- L’Agence Régionale de la Santé (ARS)  effectue les contrôles au regard de la directive : le contrôle sanitaire des eaux de baignade est mis en œuvre à l’échelon préfectoral par les Agences Régionales de la Santé, services déconcentrés du ministère chargé de la santé.

Au cours de la saison de contrôle, les A.R.S. envoient les résultats d’analyses aux collectivités et/ou gestionnaires des sites de baignades dès leur transmission par le laboratoire (au mieux au bout de 72h !), mais les résultats sont aussi consultables sur leur site. Là encore, le nombre de prélèvements, toujours limité à la saison balnéaire, peut être très faible. Un minimum de 2 prélèvements par mois est imposé, voire même 1 par mois pour les plages qui sont demeurées conformes aux normes impératives définies par la réglementation durant les deux années précédentes.

- Les communes qui mettent en œuvre une gestion active des plages : durant la saison estivale, les communes peuvent décider de réaliser quotidiennement leurs propres analyses tôt le matin. Disponibles dès l’aube, les résultats de ces analyses permettent au maire de prendre les décisions qui s’imposent en cas de dépassement des seuils réglementaires. En procédant de cette manière, les communes garantissent aux vacanciers une baignade dans des eaux de bonne qualité.

Les communes affichent les résultats sur les panneaux d’informations qui se trouvent à l’entrée des plages. Elles agissent en amont des problèmes, à titre préventif, à l’inverse des Agences Régionales de Santé qui n’ont l’information qu’à posteriori, une fois la pollution passée.

- Le suivi Surfrider : l’association Surfrider Foundation Europe a décidé, face la faiblesse du nombre de prélèvements des autorités, de mettre en place un réseau bénévole de suivi régulier de la qualité des eaux de baignade de façon indépendante et ce tout au long de l’année. Les prélèvements sont faits toutes les semaines du 1er mai au 31 octobre et toutes les 2 semaines entre le 1er novembre et le 30 avril. Les résultats sont consultables directement sur le site de Surfrider.

Si le Pavillon Bleu  est fiable en tant que label touristique, on peut regretter ses limites, en tant qu’écolabel, notamment en terme de qualité de l’eau.

 

Conférence sur la qualité de l’eau

Mise à jour : La conférence du 8 juin est disponible en vidéo ci-dessous.

Dans le cadre de la Journée mondiale des Océans, Surfrider Foundation Europe a le plaisir de vous inviter à une conférence sur la qualité de l’eau, animée par avec Gregory Lemoigno (Surfrider) et Sylvie Peres de l’association  » Non à la vague toxique… ». Cette réunion aura lieu de 18h30 à 20h au Surfrider Campus, 16 avenue d’Etienne, 64200 Biarritz.

Mais pour ceux qui n’habitent pas le Pays Basque ou qui souhaitent réduire leur empreinte carbone, nous innovons en vous proposant une diffusion en live sur Internet. Il vous sera également possible de poser vos questions en direct à nos conférenciers.

C’est une première pour Surfrider et la technologie ne fonctionne jamais du premier coup. Tous vos commentaires et vos retours seront les bienvenus afin que nous puissions améliorer ce concept dans le futur et vous faire participer plus facilement à nos événements.

L’adresse de la conférence sera transmise à partir de 18h, ce mercredi 8 juin, sur le blog, sur notre page facebook et sur twitter.

A ce soir