Entretien avec João De Macedo, surfeur professionnel et défenseur des vagues

João De Macedo

Depuis plusieurs mois, Surfrider Foundation Europe travaille sur le projet de présentation d’un dossier « Vague et Surf » à l’Unesco. João De Macedo, surfeur professionnel mais aussi ambassadeur pour World SurfingReserves (WSR), nous fait part de son investissement pour la protection des vagues, sur son rôle d’ambassadeur, mais aussi sur une possible collaboration avec notre association dans le cadre du projet Unesco.

A quel moment as-tu commencé à t’investir dans la protection des spots de surf ?

Je me rappelle, après avoir fondé, en 2000, l’école de surf « Surf Academia » avec des amis proches, Pedro Monteiro et Miguel Mantero, chez moi à Praia Grande, au Portugal, avoir eu conscience de l’urgence de transmettre notre savoir, aux surfeurs débutants ainsi qu’aux parents de ces jeunes surfeurs. Tout surfeur est naturellement amené à être écolo, à protéger l’environnement et les spots de surf. Nous avons cherché à inclure dans les cours de notre école de surf  et dans notre club de surf local, ce respect de nos océans et de nos plages. Avoir une école et un club de surf a vraiment été le point de départ de ma première expérience en matière de défense de l’environnement, j’ai commencé par organiser des nettoyages de plages et des concours d’art environnementaux avec des enfants. Plus tard j’ai déménagé en Californie et commencé mon travail pour « Save the waves » en tant que directeur du programme « World Surfing Reserves ».

Pourquoi, selon toi, est-il important de défendre les vagues et les océans? 

Je pense que si nous ne nous investissons pas plus dans la protection de nos vagues et de nos océans, alors les conséquences pourraient être importantes et irrémédiables. Les menaces sont réelles et les exemples sont nombreux, de Madère au Portugal, en Californie et à Hawaï, des combats ont été menés pour défendre les vagues et le littoral. Nous devons continuer d’exprimer notre opinion et notre connaissance sur les vagues et l’environnement, sur ces phénomènes naturels et uniques qui doivent être défendus pour que les générations futures puissent en profiter.

Peux-tu nous parler de ton rôle en tant qu’ambassadeur de World Surfing Reserves ?

Je travaille depuis maintenant trois ans chez « Save the Waves ». A l’époque j’avais proposé le programme de World Surfing Reserves à Save the Waves et j’ai été engagé par la suite pour mener à bien ce projet. Il était logique de me diriger ensuite vers de nouveaux projets, mais tout en restant en liaison avec le travail de WSR et contribuer le mieux que je pouvais à ce programme. Je suis très heureux aujourd’hui d’être ambassadeur et de pouvoir siéger au Conseil de WSR au côté de gens extraordinaires comme Drew Kampion (écrivain), Jim Moriarty (directeur de SurfriderFoundation US), Chad Nelsen (responsable environnement SurfriderFoundation US), Fernando Aguerre (fondateur de « Reef »), Jay Wallace (Blue Mind Mouvement), Will Henry (fondateur de Saves te Waves), Brad Farmer (National SurfingReserves) et bien d’autres qui ont aidé à lancer le mouvement World Surfing Reserves en 2008.

Envisagerais-tu de devenir notre ambassadeur pour notre projet Unesco?

Votre projet est impressionnant ! Après ma rencontre avec Gregory Le Moigno, chargé de programme Patrimoine et Vagues à Surfrider Foundation Europe, j’étais heureux de sentir que je pouvais contribuer à ce projet. Quand on m’a suggéré ce rôle d’ambassadeur pour le projet Unesco j’ai immédiatement voulu y prendre part ! C’est un projet à long terme pour lequel de nombreuses recherches ont déjà été faites. Cela a permis de poser les bases d’une relation avec l’UNESCO qui nous aidera en tant que surfeurs, amoureux de l’océan et de la côte à atteindre le niveau supérieur de reconnaissance  des vagues comme patrimoine naturel. Ces phénomènes naturels d’exception impliquent des caractéristiques géologiques uniques, sur le littoral mais aussi dans les fonds marins.

Au cours de tes voyages à travers le monde, as-tu pu percevoir un changement de mentalités concernant la protection des vagues ?

Je crois que les surfeurs ont toujours été étroitement connectés à la nature. Dès que des pionniers comme John Kelly, George Downing and « Save Our Surf » à Hawai, ont commencé dans les années 70 à se battre pour la préservation des vagues, les mentalités ont commencé à changer. La principale évolution notable est certainement le nombre de surfeurs existant aujourd’hui et le fait qu’ils viennent d’horizon les plus divers : avocats, ingénieurs, banquiers, … tous sont potentiellement des défenseurs du littoral, des vagues et des océans. Toutes ces personnes réunies permettent de  faire plus du bruit dans la défense des vagues et des océans.

As-tu des actions prévues en 2012 à ce sujet ?

Je travaille actuellement en relation avec RipCurlPlanet afin de développer une série d’actions. Ces événements auront lieu sur des spots de surf réputés et des projets environnementaux sont également en cours.

Si tu devais délivrer aujourd’hui un message fort, quel serait-il ?

Recherchez votre bonheur et faîtes bouger les choses !

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

 

Surfrider surfe sur la vague Unesco

Comment permettre une reconnaissance de la valeur des vagues et mieux les protéger ? Cette question qui était au cœur de la Global Wave Conference, pourrait trouver une réponse avec le projet de présentation d’un dossier « Vagues et Surf » à l’Unesco.

Pour pouvoir être inscrit à l’Unesco, différentes possibilités s’offrent à nous : une inscription au Patrimoine Mondial Naturel (Convention de 1972), au Patrimoine Culturel Immatériel (Convention de 2003) ou bien un dossier mixte reconnaissant un site de surf emblématique en lien avec la culture du surf.

L’inscription d’une ou plusieurs vagues au patrimoine naturel ne permettrait la protection que de certaines vagues, même si cela serait déjà en soi une victoire.

Au contraire, la reconnaissance de la pratique du surf au Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) permettrait la valorisation et la préservation des vagues, en défendant la pratique, le milieu, et donc les vagues, serait alors protégé. Au même titre que les diverses danses et chants inscrits au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco, comme la fauconnerie, le cantu corse, et récemment la candidature de la pratique de l’escalade, la culture liée au surf et aux vagues aurait des chances d’être reconnue et acceptée.

Un projet pas si insensé

A l’origine du projet « Vagues à l’Unesco », on retrouve la conférence de Tenerife de 2010 sur la protection des vagues à laquelle Surfrider avait été invité. Tous les aspects et statuts juridiques des vagues ont alors été étudiés, ainsi que les différents modes de protection au niveau international. A part le travail d’associations comme Save the Waves et National Surfing Reserves, rien à ce niveau n’existe encore. C’est alors qu’est envisagée la possibilité d’inscrire les vagues au Patrimoine mondial de l’humanité afin de mieux les protéger.

Rien n’est fait pour l’instant, un travail de recherches a été lancé afin d’évaluer la faisabilité de ce projet, ainsi que des rencontres avec des personnes de l’Unesco et du Ministère de la Culture en France. Au vue des critères exigés par l’Unesco, un dossier axé sur la reconnaissance de la culture du surf serait pour le moment privilégié.

Label Unesco

Le PCI a pour objectif de prendre en compte l’importance subjective d’une pratique pour la communauté ou un groupe. C’est un fait, il existe une réelle culture du surf et un véritablement attachement des plages et des vagues pour les surfeurs. Mais on doit aussi aller au-delà de cette simple importance pour les surfeurs, les amoureux de la nature et des océans sont aussi concernés par la préservation de nos plages et les menaces qu’elles connaissent aujourd’hui. Que ce soit à cause de la pollution ou l’artificialisation du littoral, beaucoup de personnes sont sensibles à cette question de la préservation de la nature et donc des vagues.

Bien sûr, une inscription à l’Unesco ne signifiera pas la protection de toutes les vagues. Il s’agira d’un outil supplémentaire pour permettre la reconnaissance du surf au niveau international et ainsi peser dans les débats lorsqu’une décision prise au niveau national pourrait affecter une vague. On ne peut se passer de projets locaux menés par les différentes associations qui agissent pour la protection des vagues à travers le monde, ceux-ci doivent être poursuivis et même être développés.

 

Global Wave Conference : 1er pas vers « une collaboration internationale »

Cette conférence aura permis d’échanger avec différentes personnes travaillant sur la même problématique et ainsi partager nos expériences. Notre objectif était de rassembler les personnes et associations autour d’un même projet pour travailler tous ensemble pour la préservation des vagues. Notre projet a été bien accueilli et plusieurs des associations présentes sont prêtes à appuyer notre dossier et à y collaborer. Ce qui serait un véritable avantage, un dossier présenté par plusieurs pays aurait en effet plus de poids et donc plus de chances d’être accepté. Reste maintenant à formaliser tout cela, et répartir les rôles.

La route est longue vers l’Unesco

Nous devons maintenant définir une stratégie et sceller cette collaboration internationale. Il nous faut également bien étudier le calendrier et la procédure à suivre. Plus important, un dossier à l’Unesco pour pouvoir être reçu doit être présenté par un Etat (ou plusieurs) et non par une personne ou une association (même si elle peut appuyer le dossier par la suite, et c’est là que nous interviendrons). Il est donc nécessaire de présenter notre projet à l’Etat français et surtout qu’il accepte de porter ce projet à l’Unesco, étape que nous avons déjà entreprise en rencontrant le Ministre de la Culture en Novembre 2011.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

Menaces sur les vagues : retour sur la Global Wave Conference

Les 24 et 25 octobre, la Global Wave Conference s’est tenue à Biarritz et San Sébastian, elle a permis de réunir des membres d’associations internationales diverses mais dont l’objectif était le même : la protection des vagues. Durant ces deux jours, il a été question de la reconnaissance de la valeur des vagues ainsi que leur protection au niveau international. Diverses stratégies ont été évoquées afin de mieux protéger nos plages et notre littoral. Le but étant de partager nos expériences et nos projets futurs, mais aussi nos succès et nos échecs afin de trouver des solutions efficaces. Deux menaces sont ressorties au cours des différentes tables rondes : la pollution et le danger croissant de l’artificialisation du littoral.

Menaces sur le littoral

Notre littoral est aujourd’hui victime de son succès. Attirant chaque année un peu plus de monde, l’apport économique ainsi généré, pousse les autorités locales à développer leurs infrastructures côtières et cela au détriment de la nature.

Le problème des déchets et de la pollution est toujours réel et de plus en plus inquiétant. Dans son rapport de Février 2011, le programme des Nations Unies pour l’environnement dressait ainsi un bilan peu rassurant de la situation actuelle de la pollution des océans. Si cette pollution est considérée comme un problème majeur pour les décennies à venir, aucune mesure concrète n’a été prise afin de remédier à la situation. C’est la raison pour laquelle les associations comme Surfrider Foundation, Surfers against sewage, Save the waves et Salvem o surf, organisateurs de la conférence, souhaitaient mettre en avant les divers programmes et actions qu’ils ont mis en place pour répondre à ces enjeux environnementaux.

Durant la conférence, les divers intervenants ont surtout rappelé les problèmes amenés par l’aménagement et l’urbanisation du littoral qui menacent les écosystèmes côtiers mais aussi les spots de surf. Cette urbanisation de plus en plus fréquente de notre littoral au profit de l’économie touristique est un danger des plus sérieux. Certaines vagues, ont disparu ou sont aujourd’hui menacées, d’autres néanmoins ont pu être sauvées grâce à la mobilisation de bénévoles et d’associations. Outre la simple dégradation visuelle par l’impact de l’homme sur la nature, l’écosystème terrestre et marin est directement menacé par l’urbanisation. Comment alors protéger le littoral de ces menaces ?

Stratégies de protection

Au cours de ces deux journées, les associations ont prouvé que des actions étaient possibles et que des batailles pouvaient être remportées. Surfers against Sawage a marqué la conférence avec son programme détaillé de défense des océans. Fruit d’un travail de plus de vingt ans, ils ont réussi à convaincre le pays d’investir environ 12 milliards de livres sterling dans des infrastructures de canalisation afin d’appuyer leurs actions. Ils ont ainsi mis en place un système d’avertissement en temps réel, en collaboration avec l’industrie de l’eau, « the Sewage Alert Service », qui informe les utilisateurs d’eau quand des eaux usées sont déversées sur des plages du pays.

Les associations telles que National Surfing Reserves (Australie) et Save the Waves (États-Unis) ont aussi pu exposer leur travail sur la protection des vagues. De leur collaboration est né le programme « World surfing reserves », l’objectif étant de protéger et préserver l’environnement côtier en mettant l’accent sur les spots de surf et en sensibilisant le public sur la valeur des vagues et du littoral. Il s’agit de créer un modèle pour la protection des vagues, fondé sur celui de l’Unesco, en reconnaissant certains spots de surf comme « mythiques » afin de mieux les défendre. À ce jour, Save the Waves en partenariat avec « World surfing reserves » est parvenu à consacrer quatre réserves de surf, dont dernièrement celui d’Ericeira au Portugal.

Surfrider Foundation Europe a tenu à mettre en avant son programme emblématique des « Gardiens de la Côte » comme moyen de protection du littoral par des bénévoles et des gens concernés par ces problématiques. Mais surtout, Surfrider a présenté son projet de présentation d’un dossier vague et surf à l’Unesco, projet approuvé et qui tend à être suivi par certaines des associations présentes à la conférence. Un tel dossier aurait d’autant plus d’impact s’il était créé par plusieurs pays et avec l’appui de diverses associations.

La Global Wave Conference a permis de réfléchir à la valeur des vagues et à ce sujet tous s’accordent pour lui attribuer une valeur à la fois culturelle, environnementale et économique. Mais surtout, les initiatives prises par les associations permettent de voir qu’agir et obtenir des victoires sont possibles. Même si les moyens d’action sont différents, les menaces et leurs répercussions sont similaires aux quatre coins du globe au final nous avons tous le même objectif. Si nous partageons tous la même passion pour l’océan et la nature, pour être efficace encore faut-il agir dès maintenant et surtout travailler ensemble. Il faut espérer que les débats pourront continuer au-delà des deux jours de conférence et que des projets collectifs pourront voir le jour.

Pour plus d’informations sur les différentes associations organisatrices de la conférence, vous pouvez consulter leur site internet : Surfers Agains Sewage, Save the Waves, National Surfing Reserves et Salvem o Surf.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement à Surfrider Foundation Europe

 

Défendre la pratique du surf pour mieux protéger les vagues

Plus que la simple notion de plaisir qu’elle procure à tout surfeur, la vague fait partie intégrante de notre patrimoine naturel mais aussi culturel grâce à la pratique du surf. Pour mieux préserver le milieu il s’agirait donc de reconnaître et défendre la pratique. Si le surf n’est pour beaucoup qu’un loisir, ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas de valeur, bien au contraire. Le surf a une valeur à la fois sociale, environnementale mais aussi économique qui permettrait ainsi de préserver les vagues et le littoral.

Valeur sociale et culturelle

Le surf a une histoire et une culture importante, il est apparu dans les îles polynésiennes où il était alors considéré comme un véritable rite social et religieux. Aujourd’hui encore, on peut parler de culture du surf dans la mesure où il existe une vraie communauté et un véritable engouement pour cette pratique. Ce sont les surfeurs qui ont donné en premier une valeur aux vagues. En leur accordant de l’importance ils ont permis de les intégrer au patrimoine local, comme par exemple la vague de Belharra au Pays Basque qui a su s’imposer au cours des deux dernières années comme faisant partie intégrante du patrimoine basque.

Protection et préservation de l’environnement

La préservation du littoral et des vagues  entre aujourd’hui dans les problématiques relatives à la protection de l’environnement. Mettre en avant la préservation de l’environnement et de l’écosystème par le surf pourrait alors être un argument décisif. Chaque surfeur est concerné par la protection de l’environnement et comprend la nécessité de défendre les vagues. Avant d’envisager tout enjeu d’ordre économique, la pratique du surf se soucie de la préservation du milieu qui lui permet d’exister.

Valeur économique 

Il est difficile d’évaluer la valeur économique d’un bien naturel comme la vague, cependant l’apport économique du surf est bel et bien quantifiable et non négligeable. L’économie générée par l’industrie du surf est un réel atout à mettre en avant pour mieux protéger les vagues et le littoral. De plus, la qualité et la renommée des plages et des vagues de nos régions permettent d’attirer chaque année de plus en plus de personne sur notre littoral. Vous pouvez à ce sujet répondre à notre étude de fréquentation du littoral aquitain et charentais, dont le sondage est en cours. Cette étude permettra de mieux connaitre, en autre, le « trafic » des pratiquants dans la zone concernée.

Les vagues et la pratique du surf sont intimement liés, les valeurs que l’on retrouve dans le surf sont les mêmes pour les vagues. Mais défendre les vagues n’est pas chose aisée, il s’agit d’un patrimoine fragile et éphémère. La renommée d’une région, si elle permet un apport économique certain, engendre des menaces réelles sur les vagues. L’attrait croissant de nos littoraux encourage les autorités locales à mettre en place des projets d’aménagements du littoral, sans compter la pollution engendrée par l’afflux de touristes. Si leur importance est certaine pour les surfeurs et tout amoureux de la nature, les vagues doivent être reconnues à un plus haut niveau afin d’être mieux protégées face à cette double menace.

À l’occasion de la Global Wave Conference, Neil Lazarow et Gibus de Soultrait sont intervenus sur la valeur des vagues, Julien Milanesi a quant à lui présenté une étude sur la valeur économique des vagues et de la nature. Ces différentes interventions confirment la nécessité de mettre en avant la pratique du surf et ses valeurs afin de mieux protéger les vagues.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

Sand Engine: le projet avance et les surfeurs s’inquiètent

 

Auteur: Jorrit, Date: 15/11/2010

La construction du projet pilote Sand Engine a débuté en mars 2011 sur la côte hollandaise à côté de Ter Heijde. Les conditions météorologiques favorables ont déjà permis d’accumuler 19 millions de m3 de sable. Au rythme actuel, le Sand Engine devrait être terminé en Juillet, soit beaucoup plus tôt que prévu ce qui inquiète la communauté de surf qui souhaite optimiser ce projet afin de protéger mais aussi développer la pratique du surf.

Le projet en quelques mots

Ce projet pilote consiste à déposer une énorme quantité de sable le long des côtes néerlandaises pour former une péninsule artificielle en forme de crochet (environ 20 millions de m3 au total). Une fois la construction terminée, ce Sand Engine  va lentement s’éroder et se déplacer le long des côtes, entre Hoek van Holland et Scheveningen (à environ 15km), grâce à l’action naturelle des courants, les vagues et les marées, afin de protéger le littoral.

L’implication de Surfrider Foundation Europe

Le dossier Sand Engine fait parti de Notre Programme Environnemental des Gardiens de la Côte. L’association soutient les surfeurs locaux afin de prévenir d’éventuels effets négatifs sur les vagues. En effet, ces derniers s’inquiètent de la disparition de leurs spots de surf, couvrant le sud du pays de Hoek van Holland à Scheveningen, et souhaitent développer l’activité sur cette zone.

L’optimisation du banc de sable

Surf Interest (groupe composé de Surfrider Foundation Holland et de Holland Surfing Association) effectue un lobbying intense depuis le début du projet pour optimiser le banc de sable, mais avec la progression rapide et inattendue de la construction, le groupe manque de temps.

La province, les secours et Rijkswaterstaat (Agence Gouvernementale chargée de l’exécution pratique des travaux et de la  gestion des eaux en Hollande) ne veulent prendre aucun risque et ont donc décidé que la zone du Sand Engine serait interdite à la baignade et aux bateaux quelques temps après la construction. Une évaluation de la sécurité sera ensuite réalisée et si elle s’avère concluante l’accès au Sand Engine sera libéré. Le projet de définir officiellement le Sand Engine comme une zone de surf est actuellement en consultation avec la province et les municipalités.

La poursuite de la mobilisation

Pour compenser l’interdiction d’accès et le refus d’optimisation, les zones du Sud (Ter Heijde) et du Nord (Kijkduin) du Sand Engine sont étudiées afin d’envisager de nouveaux spots de surf: la première est officiellement désignée comme zone de surf contrairement à la seconde encore interdite d’accès du fait de forts courants.

Surf Interest poursuit sa mobilisation afin que les surfeurs soient pris en compte. D’ici l’automne, la mer près du Sand Engine se transformera en  bas fonds ce qui nuira aux vagues comme cela s’est produit à Camperduin et à Ameland. Mais la bonne nouvelle résulte du fait que de très belles vagues autour du Sand Engine en hiver seront présentes et accessibles quoiqu’il arrive.

Surfrider Foundation Europe et son Gardien restent mobilisés.

Pour en savoir plus sur notre Programme et nos dossiers Gardiens de la Côte, visitez notre page Facebook «  Surfrider – Keepers of the Coast ».

Une vague de renommée internationale en danger

A Crab Island et Point Doolin en Irlande, les vagues se brisent sur les massifs calcaires et forment depuis des siècles des tubes impressionnants. C’est l’un des spots de surf les plus reconnus et fréquentés d’Irlande. Malheureusement, un projet d’extension de quai pour accueillir de plus gros ferries entre Crab Island et Aran Island vient menacer la vague. Ce dossier rentre dans notre Programme Gardien de la Côte mais aussi dans notre Programme environnemental Patrimoine et Vague.

Les potentiels impacts et conséquences du projet adopté

Avec le projet d’extension de quai choisi par le Conseil du Comté de Clare (Clare CoCo), les surfeurs vont devoir traverser, en ramant, le chemin des ferries pour rejoindre le line-up. Cette extension va créer d’importants courants autour de la zone de surf. A marée haute, la houle va venir heurter la côte assez violemment, ce qui va provoquer un ressac plus ou moins important, en fonction de la force de la houle et de la pente de la côte qui peut propulser les surfeurs contre les rochers. De plus, la qualité de ces deux vagues, de renommée mondiale, va donc être menacée. Le projet va aussi engendrer des dragages du fond de la mer réguliers qui vont impacter l’environnement et notamment les différents espèces aquatiques de la région comme les dauphins. Pour finir, le quai proposé est d’une très grande échelle et sera malheureusement visible de nombreux points de vue et de nombreuses régions avoisinantes. Une étude d’impact devait-être prévue pour évaluer ces impacts négatifs.

Des surfeurs ignorés et leurrés

Les conséquences sur les vagues et sur la sécurité des surfeurs ont été ignorées. La communauté internationale de surf se mobilise pour une prise en compte de leurs intérêts dans le projet. Ils souhaitent que le projet soit repensé pour satisfaire au mieux toutes les parties-prenantes. Après de nombreuses demandes, faites par le West Coast Surf Club et l’Irish Surfing Association, adressées à Clare CoCo pour annuler les plans prévus et participer à l’élaboration de nouveaux plans, une rencontre a enfin eu lieu. Il a été démontré par des photos et images des vagues que l’étude de modélisation présentée par le Comté était fausse et inexacte. En prenant seulement en considération 1m de houle, cela avait déjà des conséquences négatives sur les vagues (or la houle va de 1m à 5m). Des études supplémentaires devaient-être réalisées mais rien n’a été fait.

Une mauvaise surprise

Fin 2010, après plusieurs discussions et réunions publiques, le projet d’aménagement de 6,000,000 euros était sur le point d’être retiré pour qu’un nouveau projet revu à la baisse soit étudié et présenté publiquement. Un nouveau projet permettant de satisfaire les deux parties a pourtant été proposé : l’idée était de déplacer la construction de 25 mètres et de réduire la longueur du quai de 15 mètres, afin de réduire son impact sur la vague. A la surprise générale et faisant fi du mécontentement général, les autorités locales ont voté à l’unanimité, en mars 2011, en faveur du projet initial.

La poursuite de la mobilisation

Une grande déception qui ne sonne pas le glas du combat de SFE et des surfeurs locaux, qui comptent désormais saisir les plus hautes instances de l’Etat pour empêcher qu’une vague de classe mondiale disparaisse. Avant le début des travaux prévus en Juillet-Août 2011, le Conseil doit obtenir l’autorisation du Ministère de l’Environnement pour une licence de développement du littoral. Le Ministère a d’ores et déjà demandé au Conseil d’entamer une étude de modélisation des vagues en réponse aux craintes des surfeurs concernant la jetée de Doolin et leurs fameuses vagues.

Surfrider Foundation Europe et son Gardien restent en alerte.

Pour en savoir plus sur notre Programme et nos dossiers Gardiens de la Côte, visitez notre page Facebook «  Surfrider – Keepers of the Coast ».

Le 5ème combat de Surfrider : la protection des vagues

Protéger et valoriser les vagues dans le monde.

Cette ambition, c’est maintenant un des 5 axes de travail de Surfrider Foundation Europe (SFE). Parce que les vagues ne sont pas simplement un phénomène naturel complexe. Elles sont aussi une des plus belles représentations de la force de la nature. Et, du coup, représentent un patrimoine environnemental, économique et social de grande valeur. C’est pourquoi SFE a l’ambition de devenir un catalyseur d’initiatives autour des vagues.

Les divers programmes de travail que nous avons mis en œuvre ces dernières années nous permettent déjà d’être effectifs sur la protection des vagues et l’amélioration de la connaissance des pressions existantes. Les programmes Gardiens de la côte (GDC) et nos laboratoires de suivi des zones d’activités nautiques constituent deux axes forts de la lutte que nous menons pour la préservation des spots de surf reconnu localement ou internationalement.

Pourtant, des 5 combats de Surfrider (déchets aquatiques, artificialisation du littoral, transports maritimes et infrastructures pétrolieres, qualité des eaux et santé, patrimoine et vagues), la défense des vagues comme patrimoine est le défi le plus nouveau. Tout est à faire : développer une expertise sur les aspects économiques, mais aussi sociaux et environnementaux. Dépeindre précisément ce qui caractérise la valeur que l’on peut donner à une vague ou spot de surf. Dans ces multiples tâches, un partenaire peut faire la différence, l’UNESCO, au travers de son « patrimoine immatériel » dans lequel les vagues devraient s’insérer. A charge ensuite pour Surfrider de réaliser ce qu’elle sait très bien faire : une veille de la qualité sanitaire et environnementale des zones géographiques abritant des vagues identifiés comme remarquables.

Nous ne travaillerons pas seuls : l’enjeu est énorme. Nous nous appuierons notamment sur notre réseau international de Surfrider (Afrique, Australie, Etats Unis, Japon) ainsi que sur les autres plateformes associatives (Save The Waves, Surfer Against Sewage) pour généraliser cette démarche, mettre en évidence la valeur des vagues et communiquer sur ces enjeux.

Grégory Le Moigno, Chargé de mission environnement, SFE

Une vague en plein Munich menacée de disparition

La vague de Reichenbach à Munich. Crédit: Petra Offermanns

La capitale du surf Allemande encore menacée ? Il semblerait que oui puisqu’une nouvelle fois à Munich, une vague statique de rivière risque de disparaitre. En effet, de nouveaux projets municipaux gérés par les autorités en charge de l’urbanisme de la ville prévoient la renaturation de la rivière Isar, sur laquelle se trouve une des plus belles vagues du coin, la « Reichenbach Wave ».

Selon les surfeurs locaux, ce projet de renaturation aura pour conséquence principale une diminution du débit d’eau dans la rivière. Ainsi, la vague en question ne sera plus surfable au niveau de la barrière du pont Reichenbach. Le 5 Août, une de nos antennes allemandes, l’antenne Köln, a reçu l’information selon laquelle la vague statique Reichenbach était menacée de disparaitre.Le 8 Août, de nombreux surfeurs et kayakistes ont investi la rivière afin de montrer l’importance de la Reichenbach Wave. Cet évènement a rassemblé une centaine de spectateurs.Le projet étant prévu pour l’Automne, il ne reste malheureusement que très peu de temps à ces passionnés de surf et kayak pour surfer cette belle vague.

Cependant, Jochen Fendt, responsable de l’antenne Köln, nous explique que le projet de renaturation prévu pourrait être réétudié de manière à ne pas décimer la Reichenbach Wave.

En effet, ce projet consiste en des opérations d’aménagement restauratoires effectuées dans le but de restaurer le bon état écologique et paysager du site. Même si Surfrider n’est pas contre le projet de renaturation en lui-même, SFE soutient les surfeurs locaux afin que le projet soit réexaminé et préserve cette belle vague statique. Celle-ci pourra effectivement être sauvée si la renaturation de la rivière Isar était réalisée sans détruire les barrières servant à la formation des vagues de la rivière.

Dans le cadre de leur combat pour sauver cette vague, les surfeurs de Munich ont mis en ligne une pétition, dont l’objectif est d’atteindre 17 000 signatures. Aidons-les à protéger cette rivière en signant la pétition : http://rettet-die-reichenbachwelle.de/reichenbach_petitionbook.php.

http://rettet-die-reichenbachwelle.de/