Nouvelle victoire Gardiens de la Côte en Méditerranée : le permis d’exploration pétrolière ne sera pas renouvelé

Référendum d’initiative portuaire sur le Vieux Port de Marseille 

Depuis plusieurs mois, nombreux sont ceux qui s’inquiètent du possible renouvellement de permis d’exploration pétrolière en Méditerranée. Accordé en 2002 sur une zone de 25 000 km² au large de Marseille, la compagnie britannique Melrose Ressources attend depuis 15 mois maintenant qu’on lui accorde une prolongation de ce permis. Au vue des dernières déclarations du président-candidat Nicolas Sarkozy le permis ne devrait pas leur être octroyé.

Le renouvellement du permis d’exploration en Méditerranée ne se fera pas

« Je n’accepterai pas de forage pétrolier devant les calanques. Je n’ai pas voulu d’éolienne dans la baie du Mont Saint Michel ». Lors de son déplacement à Caen le vendredi 6 avril, Nicolas Sarkozy s’est ainsi clairement positionné contre toute recherche d’hydrocarbures en Méditerranée. Déclaration confirmée plus tard par sa porte-parole Nathalie Kosciusko-Morizet qui a affirmé que le renouvellement de permis d’exploration en Méditerranée n’aurait pas lieu.

Une nouvelle victoire Gardien de la Côte

Depuis 2010, Surfrider se mobilise pour un moratoire sur tous nouveaux projets de plateforme pétrolière en Europe tant que de nouvelles normes européennes ne sont pas adoptées.

Devenu un combat Gardiens de la Côte, Surfrider Foundation Europe s’était rapidement mobilisé pour s’opposer au renouvellement du permis « Rhône Maritime », en adoptant un positionnement clair contre les plateformes pétrolières. Le Gardien et l’antenne Surfrider Bouches du Rhônes ont organisé des mobilisations contre les plateformes pétrolières en Méditerranée ainsi qu’un « référendum d’initiative portuaire » où les marseillais devaient se prononcer par un poisson blanc (contre) ou noir (pour) sur le projet de plateforme. Le résultat fut sans appel, la majorité étant contre toute nouvelle exploration pétrolière en Méditerranée.

Aux côtés de nombreuses autres associations, nous avons également participé à un référendum public et à plusieurs mobilisations contre les plateformes pétrolières en mer.

Dans un contexte où la sécurité des plateformes pétrolières en mer est de plus en plus remise en question, nous ne pouvons qu’être satisfaits d’une telle décision. Si l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique ne nous concernait pas directement, un tel projet en Méditerranée aurait présenté des risques importants dans une zone déjà fragilisée, qu’il est essentiel de préserver et protéger.

Un perpétuel combat pour mieux encadrer le transport et les infrastructures maritimes

Aujourd’hui est une victoire mais malheureusement, après l’accident de la plateforme Elgin en mer du Nord et la possible relaxe de la société Total dans l’affaire de l’Erika il reste beaucoup à faire concernant le transport et les infrastructures maritimes. Ces dernières actualités arrivent peu de temps après le vote au Conseil Economique, Social et Environnemental d’un avis faisant acte des insuffisances existantes concernant la sécurité des plateformes pétrolières maritimes, et ne font que corroborer la nécessité d’adopter de nouvelles mesures dans ce domaine.

Pour en savoir plus sur notre Programme et nos combats Gardiens de la Côte, visitez notre page Facebook « Surfrider-Keepers of the Coast ».

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement 

Fuite de gaz sur une plateforme Total en Mer du Nord

©TOTAL E&P UK/AFP- Photo fournie par Total le 28 mars 2012 montrant sa plateforme en mer du Nord, à 240 km au large de la ville écossaise d'Aberdeen

Face à la crise écologique que connaît actuellement Total, Surfrider renouvelle son opposition à tout nouveau projet d’exploitation offshore en Europe.

Fuite de gaz sur une plateforme Total en Mer du Nord

La plateforme Total de Elgin, en mer du Nord britannique, présente une importante fuite de gaz depuis dimanche. C’est l’une des plus graves situations de crise écologique à laquelle est confrontée la compagnie pétrolière depuis l’Erika en 1999. Les 238 employés de la plateforme ont été évacués ainsi que les employés de deux plateformes voisines exploitées par Shell, par précaution, en cas d’explosion. Des zones d’exclusion maritime et de survol sont également prévues.

La fuite, dont se sont échappées 23 tonnes de gaz en 48 heures, a engendré un nuage visible à 11 km à la ronde. Une nappe d’hydrocarbures d’environ 12 kilomètre carrés s’est formée autour de l’installation. Le Président de Bellona (ONG Norvégienne) Frederic HAUGE et un expert Océanographe anglais, Dr Simon BOXALL, s’inquiètent des impacts environnementaux. Le gaz échappé de la plateforme comporte une forte proportion de sulfure d’hydrogène et de dioxyde de carbone qui le rend très inflammable et toxique.

Surfrider lanceur d’alerte sur la sécurité de l’offshore

Depuis avril 2010 et l’accident de Deepwater Horizon, Surfrider Foundation Europe souhaite la mise en place d’un moratoire en Europe en l’absence de nouvelles règlementations plus sûres. Ce positionnement a permis de contribuer à l’adoption d’un projet de règlement européen fin 2011. Le contenu des mesures de ce règlement sera bientôt discuté au Parlement Européen.

Par ailleurs, le représentant de Surfrider Foundation Europe au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), Jacques Beall, est à l’initiative et co-rapporteur d’un avis intitulé : « De la gestion préventive des risques environnementaux : la sécurité des plateformes pétrolières en mer ». Il faut au regard de cet avis souligner que « ce type d’exploitation relève d’un domaine techniquement complexe, ce qui décuple d’autant les risques technologiques et naturels auxquels sont exposés les hommes et l’environnement. Dès lors, il est nécessaire de renforcer les conditions d’octroi des concessions et les contrôles, tel que préconisés dans l’avis » selon Jacques Beall, CESE.

Un point surle projet d’avis « De la gestion préventive des risques environnementaux : la sécurité des plateformes pétrolières en mer »

Surfrider opposé à tout nouveau projet offshore

Ainsi au vu de ce contexte juridique incomplet et des risques importants pour l’environnement résultant de l’exploitation offshore, Surfrider Foundation Europe s’oppose formellement à tout nouveau projet.

Sont notamment ici en cause  le permis exclusif de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux dit « Permis Rhône Maritime » porté par les sociétés Melrose Mediterranean Limited et Noble Energie France le 15 juillet 2010 en Méditerranée et les projets d’exploitation de Repsol dans les îles Canaries (Fuerteventura et Lanzarote).

Préconisation pour des plateformes pétrolières plus sûres

Mardi 13 Mars 2012 était voté au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) le projet d’avis portant sur la sécurité des plateformes pétrolières en mer. Ce texte voté avec 91 votes pour et 87 abstentions reprend les différentes constatations faites au cours des auditions d’experts et présente des propositions concrètes qui seront ensuite adressées aux décideurs politiques en vue d’adopter de nouvelles réglementations. Le travail effectué par la section environnement du CESE a permis d’analyser les mesures actuelles existantes concernant la prise en compte des risques environnementaux liés aux plateformes pétrolières en mer mais aussi de trouver des solutions, notamment pour mieux prévenir des accidents tels que celui de l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon.

Un développement constant de l’offshore

Ces dernières années ont pu voir un développement important de l’offshore pour de nombreuses raisons, dont une augmentation constante de la demande mondiale de pétrole et le tarissement progressif des ressources. A cela s’accompagne l’évolution des techniques d’exploitation notamment dans des environnements complexes et de plus en plus profonds. L’Agence Internationale de l’Energie a prévu que d’ici quelques années, 50% des réserves de pétrole seraient offshore. Il est nécessaire de prendre en compte les risques liés à ces activités, sur les écosystèmes littoraux et marins en question mais aussi de mieux anticiper ces risques.

La nécessité d’un cadre normatif prenant en compte les enjeux environnementaux

Si des efforts ont été faits pour limiter les risques, il demeure des insuffisances réelles en termes de réglementations et de prise en compte des risques environnementaux dans ces activités. Le cadre juridique actuel, tant national qu’européen, s’avère complexe, incomplet et ambigu. La multitude de réglementations et l’absence de convention internationale sur l’offshore ne permet pas une sécurisation acceptable des plateformes pétrolières.

En France, le code minier régit les conditions de délivrance des permis de recherche et d’exploitation puis les autorisations de travaux. Le projet d’avis propose un rapprochement des règles du code minier avec celles du code de l’environnement pour garantir une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux.

Des efforts doivent donc être faits pour harmoniser toutes ces réglementations et créer un cadre juridique plus clair et efficace. Il est nécessaire d’autre part de responsabiliser les opérateurs et de permettre une meilleure application du principe pollueur-payeur en cas d’accidents majeurs. Selon Jacques Beall, secrétaire général de Surfrider Foundation Europe qui nous représente au CESE « cela est d’autant plus urgent que les moyens de prévention et de réparation (contrôle, moyens humain, sécurité, surveillance…) ne sont pas au rendez-vous ».

Intégrer le grand public dans les débats

La découverte récente de pétrole en Guyane et le futur projet d’exploitation pétrolière en Méditerranée sont des exemples qui posent la question de l’appropriation par la population des enjeux de développement des activités offshores. Il est essentiel de pouvoir débattre de ces questions avec toutes les personnes concernées par ces projets sur le modèle de la gouvernance à cinq (Collège Etat, collège syndicat, collège entreprise, collège élus, collège ONG).

Cette saisine commencée il y a maintenant un an à l’initiative de notre représentant Jacques Beall, désigné rapporteur au côté de Alain Feretti (Union Nationale des Associations familiales), loin de prendre fin, va désormais permettre d’élever le débat à un tout autre niveau. Ce texte servira de base pour une réflexion nationale, européenne et internationale afin de rendre ces activités offshore plus sures, respectant au mieux l’environnement et prenant en compte les différents acteurs et personnes concernées. 3500 exemplaires de cet avis seront diffusés aux parlementaires, au CESER (Conseil économique, social et environnemental régional) et aux différents services de l’Etat.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

Les laboratoires à la reconquête de la qualité des zones d’activités nautiques

A travers le programme « qualité de l’eau et santé » Surfrider Foundation Europe a pour objectif de surveiller et préserver la qualité de l’eau ainsi que la santé des usagers et pratiquants d’activités nautiques, tout au long de l’année. En 2001, un réseau de suivi complémentaire des eaux apparaît avec la création d’un premier laboratoire sur la Côte Basque française. Prévus pour pallier les insuffisances des directives de 1976 et 2006 sur la qualité des eaux de baignades, ces laboratoires vont se développer au fil des années pour devenir un outil essentiel dans la surveillance des eaux de zones d’activités nautiques, laissées pour compte par la directive.

Reconquête de la qualité des zones d’activités nautiques

Les laboratoires créés par Surfrider Foundation Europe ont un rôle important dans la lutte contre les pollutions bactériologiques affectant la qualité des eaux du littoral. En 2007, est lancé le laboratoire Méditerranée à Marseille. Suivront 5 autres laboratoires : sur la Côte Basque espagnole en 2008, en Bretagne et Midi-Pyrénées en 2009, un nouveau laboratoire Côte Basque française en 2010, et enfin en 2011 à Oléron dans le cadre du projet Bestmilitt (suivi BEnévole et ScienTifique des contaminations Microbiologiques du LITToral d’oléron).

Ces laboratoires ont pour objectif d’effectuer un suivi tout au long de l’année des eaux de baignades et des zones d’activités nautiques en plus des réseaux existants (ARS, municipalités…) afin d’améliorer nos connaissances et récolter un maximum de données sur la qualité de chaque site surveillé. Mais ces laboratoires ont aussi vocation à informer les pratiquants d’activités nautiques, les usagers du littoral, le grand public ainsi que les acteurs locaux. Une fois les problèmes de contamination mis en évidence, il s’agit d’opérer un travail de concertation avec les différents acteurs locaux pour les résoudre.

Les laboratoires : un réseau de suivi complémentaire effectué par des bénévoles

Une centaine de bénévoles, les Waterman Testeurs, s’occupent tout au long de l’année d’effectuer des prélèvements dans différents sites de suivi de qualité des eaux. Une fois récoltés, les échantillons sont analysés au sein de laboratoires départementaux et dans le cas de la Méditerranée dans un laboratoire indépendant de Surfrider Foundation Europe à Marseille. Dans un souci de légitimité des résultats obtenus, les méthodes d’analyse sont conformes à la réglementation s’appliquant aux eaux de baignades.

Durant l’année, deux périodes d’analyses sont menées : une série de prélèvements hebdomadaires au cours de la période estivale du 1er mai au 31 octobre et des prélèvements bimensuels durant la période hivernale, du 1er novembre au 30 avril.

Une légitimité acquise au niveau local

Depuis la création du premier laboratoire en 2007, nous avons pu réunir de nombreuses données, récoltées sur  62 zones d’activités nautiques surveillées, nous permettant d’informer le grand public et les acteurs concernés par la qualité de l’eau. Sur ces 62 sites, 9 étaient de qualité excellente, 9 de bonne qualité, 14 de qualité suffisante et 30 de qualité insuffisante. Ainsi près de 3500 prélèvements et 7000 analyses ont été réalisés et plus de 300 pollutions ont pu être mises en évidence.

La base de données acquise nous permet d’asseoir notre présence au niveau local et d’être reconnu comme un acteur incontournable auprès des citoyens et politiques, s’agissant des problématiques relatives aux pollutions littorales.

Des outils de communication développés

Les outils de communication utilisés pour ces résultats sont nombreux : des posters utilisés dans les évènements auxquels participe Surfrider, des fiches de résultats envoyées par mail aux bénévoles, associations et clubs nautiques mais aussi à certains élus et depuis 2008, les résultats de ces analyses sont publiés sur notre page internet. Chaque laboratoire a également créé une page Facebook afin de publier les données recueillies.

En cas de dépassement, les communes concernées sont informées et des enquêtes de terrain sont menées afin d’identifier la source de la pollution. Des profils de vulnérabilité récapitulent l’ensemble des données récoltées lors des enquêtes et du travail de concertation opéré avec les différents acteurs locaux.

Des laboratoires en perpétuelle évolution depuis leur création

Depuis 4 ans, avec le travail de ces laboratoires, Surfrider Foundation Europe lutte pour l’amélioration de la qualité des eaux littorales et la santé des pratiquants d’activités nautiques. L’association continue de développer le travail autour de ces laboratoires et souhaite désormais intégrer la problématique des polluants chimiques, en réalisant notamment le suivi d’un paramètre chimique (les hydrocarbures) dans son laboratoire méditerranéen.

Si les menaces et atteintes contre le littoral sont toujours aussi nombreuses, les résultats obtenus au fil des années s’avèrent encourageants et récompensent le travail fourni par nos Waterman Testeurs. Aujourd’hui nous souhaitons les mettre en avant, car sans l’appui de ce réseau bénévole, le programme « Qualité de l’eau et santé » n’aurait pu évoluer au cours des dernières années. A venir prochainement sur notre blog, des rencontres avec ces Waterman Testeurs.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

 

Entretien avec João De Macedo, surfeur professionnel et défenseur des vagues

João De Macedo

Depuis plusieurs mois, Surfrider Foundation Europe travaille sur le projet de présentation d’un dossier « Vague et Surf » à l’Unesco. João De Macedo, surfeur professionnel mais aussi ambassadeur pour World SurfingReserves (WSR), nous fait part de son investissement pour la protection des vagues, sur son rôle d’ambassadeur, mais aussi sur une possible collaboration avec notre association dans le cadre du projet Unesco.

A quel moment as-tu commencé à t’investir dans la protection des spots de surf ?

Je me rappelle, après avoir fondé, en 2000, l’école de surf « Surf Academia » avec des amis proches, Pedro Monteiro et Miguel Mantero, chez moi à Praia Grande, au Portugal, avoir eu conscience de l’urgence de transmettre notre savoir, aux surfeurs débutants ainsi qu’aux parents de ces jeunes surfeurs. Tout surfeur est naturellement amené à être écolo, à protéger l’environnement et les spots de surf. Nous avons cherché à inclure dans les cours de notre école de surf  et dans notre club de surf local, ce respect de nos océans et de nos plages. Avoir une école et un club de surf a vraiment été le point de départ de ma première expérience en matière de défense de l’environnement, j’ai commencé par organiser des nettoyages de plages et des concours d’art environnementaux avec des enfants. Plus tard j’ai déménagé en Californie et commencé mon travail pour « Save the waves » en tant que directeur du programme « World Surfing Reserves ».

Pourquoi, selon toi, est-il important de défendre les vagues et les océans? 

Je pense que si nous ne nous investissons pas plus dans la protection de nos vagues et de nos océans, alors les conséquences pourraient être importantes et irrémédiables. Les menaces sont réelles et les exemples sont nombreux, de Madère au Portugal, en Californie et à Hawaï, des combats ont été menés pour défendre les vagues et le littoral. Nous devons continuer d’exprimer notre opinion et notre connaissance sur les vagues et l’environnement, sur ces phénomènes naturels et uniques qui doivent être défendus pour que les générations futures puissent en profiter.

Peux-tu nous parler de ton rôle en tant qu’ambassadeur de World Surfing Reserves ?

Je travaille depuis maintenant trois ans chez « Save the Waves ». A l’époque j’avais proposé le programme de World Surfing Reserves à Save the Waves et j’ai été engagé par la suite pour mener à bien ce projet. Il était logique de me diriger ensuite vers de nouveaux projets, mais tout en restant en liaison avec le travail de WSR et contribuer le mieux que je pouvais à ce programme. Je suis très heureux aujourd’hui d’être ambassadeur et de pouvoir siéger au Conseil de WSR au côté de gens extraordinaires comme Drew Kampion (écrivain), Jim Moriarty (directeur de SurfriderFoundation US), Chad Nelsen (responsable environnement SurfriderFoundation US), Fernando Aguerre (fondateur de « Reef »), Jay Wallace (Blue Mind Mouvement), Will Henry (fondateur de Saves te Waves), Brad Farmer (National SurfingReserves) et bien d’autres qui ont aidé à lancer le mouvement World Surfing Reserves en 2008.

Envisagerais-tu de devenir notre ambassadeur pour notre projet Unesco?

Votre projet est impressionnant ! Après ma rencontre avec Gregory Le Moigno, chargé de programme Patrimoine et Vagues à Surfrider Foundation Europe, j’étais heureux de sentir que je pouvais contribuer à ce projet. Quand on m’a suggéré ce rôle d’ambassadeur pour le projet Unesco j’ai immédiatement voulu y prendre part ! C’est un projet à long terme pour lequel de nombreuses recherches ont déjà été faites. Cela a permis de poser les bases d’une relation avec l’UNESCO qui nous aidera en tant que surfeurs, amoureux de l’océan et de la côte à atteindre le niveau supérieur de reconnaissance  des vagues comme patrimoine naturel. Ces phénomènes naturels d’exception impliquent des caractéristiques géologiques uniques, sur le littoral mais aussi dans les fonds marins.

Au cours de tes voyages à travers le monde, as-tu pu percevoir un changement de mentalités concernant la protection des vagues ?

Je crois que les surfeurs ont toujours été étroitement connectés à la nature. Dès que des pionniers comme John Kelly, George Downing and « Save Our Surf » à Hawai, ont commencé dans les années 70 à se battre pour la préservation des vagues, les mentalités ont commencé à changer. La principale évolution notable est certainement le nombre de surfeurs existant aujourd’hui et le fait qu’ils viennent d’horizon les plus divers : avocats, ingénieurs, banquiers, … tous sont potentiellement des défenseurs du littoral, des vagues et des océans. Toutes ces personnes réunies permettent de  faire plus du bruit dans la défense des vagues et des océans.

As-tu des actions prévues en 2012 à ce sujet ?

Je travaille actuellement en relation avec RipCurlPlanet afin de développer une série d’actions. Ces événements auront lieu sur des spots de surf réputés et des projets environnementaux sont également en cours.

Si tu devais délivrer aujourd’hui un message fort, quel serait-il ?

Recherchez votre bonheur et faîtes bouger les choses !

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

 

Gardiens de la Côte : nouvelle victoire en Hollande !

Auteur Jorrit, Date 15112010

Nouvelle victoire pour les Gardiens de la Côte ! Un an après le lancement du projet  « Sand Engine » sur la côte hollandaise  près de Ter Heijde, la construction est aujourd’hui terminée et offre de superbes spots de surf.

Un projet environnemental non sans conséquences pour les spots de surf

Afin de protéger le littoral et les côtes de l’érosion et des inondations, le projet « Sand Engine » avait pour objectif de déposer une grande quantité de sable (20 millions de m3), le long des côtes néerlandaises, formant ainsi une péninsule artificielle en forme de crochet. Ce sable va lentement s’éroder et se déplacer le long des côtes, grâce à l’action naturelle des courants, des vagues et des marées.

Ne voulant pas prendre de risques, la province Zuid Holland, les secours et Rijkswaterstaat (Agence Nationale des transports, de l’exécution pratique des travaux publics et de la gestion des eaux en Hollande) ont décidé dans un premier temps de fermer l’accès à la zone de Sand Engine, et de procéder à une évaluation de sécurité pour déterminer si oui non la zone pouvait être ouverte au public.

Notre Gardien mobilisé au côté de l’antenne Surfrider Foundation Holland

Martijn, Gardien de la Côte et membre de l’antenne Surfrider Foundation Holland, s’est mobilisé au côté de Holland Surfing au sein du groupe « Surf Interest » afin de prendre part au projet et optimiser le banc de sable.

Lors des phases de concertation,  Surf Interest a pu participer aux différentes phases de débats avec Rijkswaterstaat et la province, et s’est imposé comme un interlocuteur majeur auprès du gouvernement et des politiques dans ce projet. Cela a permis d’intégrer les intérêts des surfeurs et des écoles de surf de la région au cœur des questions et des mesures futures dont notamment celle de l’aménagement de la zone du Sand Engine.

Le travail mené par le gardien et l’antenne hollandaise a également permis le développement de nouvelles vagues et éviter la disparition de celle déjà existantes. Selon Martijn « il était nécessaire de prendre en compte la qualité de la vague et la sécurité des surfeurs mais aussi de faire un suivi et une gestion permanente du « Sand Engine ».

Aujourd’hui la zone est accessible aux usagers du littoral et l’activité du surf est officiellement reconnue et enregistrée sur le Sand Engine. L’antenne hollandaise, reste néanmoins mobilisée, afin de garantir un accès durable sur cette zone.

Pour en savoir plus sur notre Programme et nos combats Gardiens de la Côte, visitez notre page Facebook « Surfrider-Keepers of the Coast ».

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement 

 

Lancement du programme d’observation des déchets en Rade de Brest

Nettoyage à Plougastel Daoulas sur la Rade de Brest

Dans sa lutte contre les déchets aquatiques, le bureau Surfrider Foundation Bretagne a lancé la semaine dernière un «programme d’observation des déchets sur le territoire de la Rade de Brest ». Il s’agit d’un programme de quantification des déchets récoltés qui s’étendra sur les communes littorales de la rade de Brest, une baie de 180 km² située dans le Finistère.

Au cours des Initiatives Océanes 2011, le bureau Bretagne a pu constater de nombreuses zones d’accumulation de déchets sur la rade de Brest, dans des lieux souvent difficiles d’accès.  Le projet a été officiellement lancé le 15 Février 2012. Après avoir rencontré le CEDRE (centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux), BMO (Brest Métropole Océan) et les animateurs Natura de cette zone, il est apparu nécessaire de surveiller et d’intervenir sur cette zone.

L’objectif de ce programme est d’identifier et de cartographier ces zones d’accumulation de déchets. En étudiant une zone déterminée, un état des lieux précis pourra être opéré et permettra de combattre plus efficacement la pollution par les déchets aquatiques.

Pour son lancement ce programme aura comme support la prochaine édition des Initiatives Océanes, qui se tiendra du 22 au 25 Mars 2012 dans toute l’Europe. Il ne s’agira pas d’organiser davantage de nettoyages sur cette zone, mais d’utiliser les nettoyages déjà inscrits pour les IO 2012, en y appliquant une procédure spécifique.

Ce projet repose sur la participation et l’investissement de bénévoles. Avant chaque nettoyage, les organisateurs seront contactés afin de leur expliquer le programme. Une fiche bilan leur sera envoyée afin de pouvoir par la suite récolter leurs témoignages, leurs habitudes de fréquentation ainsi que des photos du nettoyage.

Après avoir intégré à ces nettoyages de plage, une quantification des déchets selon une grille spécifique, conformément aux dispositions de la Convention OSPAR, Surfrider Foundation Bretagne continue aujourd’hui sa lutte contre les déchets à travers ce nouveau programme.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

Procès SDS Rain : Un million d’amende pour dégazage sauvage en Méditerranée

Le 11 Janvier 2012 se tenait à Marseille le procès du SDS Rain, accusé de dégazage sauvage en Méditerranée. Un mois plus tard, la justice a rendu son verdict et a condamné l’armateur et le capitaine à une amende s’élevant respectivement à 750 000 euros et 250 000 euros (dont 225 000 euros à la charge de l’armateur).

Le 22 Avril 2010, un avion de surveillance des douanes françaises avait constaté la présence d’une pollution maritime par rejet d’hydrocarbures de 22 km de long sur 50 mètres de large dans le sillage du navire SDS Rain battant pavillon italien. Au moment des faits, le navire se trouvait à 18km des côtes marseillaises, dans les eaux territoriales françaises.

Surfrider Foundation Europe ainsi que les autres associations environnementales, parties civiles au procès ont obtenu réparation de leur préjudice moral et ne peuvent que se réjouir aujourd’hui de cette décision du tribunal correctionnel de Marseille qui applique une fois de plus le principe de pollueur-payeur.

Après la condamnation de la société Total Raffinerie Marketing il y a quelques semaines, c’est une nouvelle victoire pour la protection de l’environnement.

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement

Surfrider Foundation Europe s’oppose aux plates-formes pétrolières en Méditerranée

Le possible renouvellement d’un permis d’extraction de pétrole en Méditerranée par la société anglaise Melrose fait polémique au sein des associations environnementales, compte tenu des risques environnementaux qui pèseraient sur cette région. Elles ont rédigé un communiqué de presse collectif pour dire « Non au renouvellement du Permis Rhône Maritime« . Surfrider Foundation Europe souhaite aujourd’hui réaffirmer sa position concernant les plates-formes en Méditerranée. 

Surfrider Foundation Europe est une association à but non-lucratif, dévouée à la protection et à la mise en valeur durable de l’océan, des vagues et du littoral. Elle regroupe parmi ses 10000 membres des personnes venant de tous les horizons, ayant en commun la passion de l’océan et le souci de protéger le littoral. L’association agit au niveau européen, régional et aussi local grâce à ses 43 antennes réparties dans toute l’Europe. Surfrider est particulièrement implanté à Marseille, où la Coordination euro-régionale gère les problématiques liées à la Méditerranée.

Notre ONG est une Association Loi de 1901 agréée d’éducation populaire par le Ministre de la jeunesse et des sports, de développement durable par le Ministère de l’Ecologie et également agrée au titre de la protection de l’environnement par arrêté ministériel depuis le 11 décembre 2005, au titre de l’article L.141-1 du Code de l’environnement. Nos actions sont développées autour de cinq thématiques qui nous tiennent particulièrement à coeur : Qualité de l’eau et santé des usagers, Déchets aquatiques, Artificialisation du littoral, Patrimoine et vagues et Transport et les infrastructures maritimes.

C’est dans le cadre de cette dernière thématique et suite à la catastrophe écologique provoquée en 2010 par la plate-forme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique que Surfrider Foundation Europe a démarré une campagne de lutte « Stop Oil Spill » pour éviter la survenance d’un accident similaire en Europe.

À l’heure actuelle, plus de 10000 personnes ont signé la pétition mise en place par Surfrider afin d’obtenir un moratoire sur toutes les nouvelles exploitations dans l’attente du projet de réglementation pour la sécurisation des plates-formes pétrolières et qui est en cours de négociation.

Aujourd’hui, Surfrider Foundation Europe refuse de voir tout nouveau projet de prospection pétrolière et particulièrement en Méditerranée, au large de Marseille.

Il est important de rappeler le contexte spécifique de la Méditerranée. Cette mer fermée est soumise à de nombreuses pressions anthropiques et devient une aire impactée par des risques majeurs. Sa vulnérabilité ne cesse de s’accroître et une prise de conscience devient nécessaire pour pouvoir continuer à profiter de ce bien commun et inestimable. Depuis 1976, la Convention de Barcelone vise une meilleure protection de la Méditerranée.

Rappelons également les efforts qui ont été développés pour créer de nombreuses aires de protection en Méditerranée et préserver la beauté des paysages et la diversité faunistique et floristique locale : Parc national de Port-Cros, sanctuaire PELAGOS, réserve de Scandola, protection des Bouches de Bonifacio et un futur Parc national des Calanques.

Face à cela, une demande de prolongation d’autorisation de prospection pétrolière en Méditerranée, en vue d’une future exploitation, à 30 km du futur Parc national des Calanques et 50 km de Port-Cros et du sanctuaire PELAGOS nous semble complètement incohérente et illogique !

Un projet en total désaccord avec l’ensemble des mesures prises au niveau international, national et local pour lutter contre les pollutions maritimes et protéger les richesses environnementales existantes.

Pour rappel, une plate-forme pétrolière présentent :

• Un risque majeur de catastrophe environnementale, en cas d’accident industriel comme celui de Deepwater dans le Golfe du Mexique en 2010 ;

• Une menace de pollution par des rejets d’hydrocarbures qui surviennent durant la maintenance et l’exploitation d’une plate-forme pétrolière. Cela peut avoir des conséquences sur l’environnement et les espèces mais aussi pour la santé humaine étant donné la proximité géographique du projet d’exploitation ;

• Un problème de suivi, les plates-formes en fin d’exploitation sont souvent abandonnées et non démantelées et deviennent des déchets en pleine mer.

Autant d’éléments qui seront mis en exergue dans la saisine relative à la sécurisation des plates-formes pétrolières du Conseiller Economique et Social et Environnemental de Monsieur Jacques Beall, représentant Surfrider Foundation Europe dans cette institution.

Ainsi, tenant compte des risques encore trop importants et trop peu pris en compte par les législations européenne et nationale et des spécificités de la Méditerranée, Surfrider Foundation Europe souhaite que l’Etat français décide de :

REFUSER la demande de la société Melrose de prolongation de son permis de recherche d’hydrocarbures liquides et gazeux ;

SOUTENIR en priorité les projets de réduction de la consommation d’énergie et de développement des énergies renouvelables plutôt que d’engager de nouvelles prospections sur des énergies fossiles qui ne constituent plus aujourd’hui l’avenir énergétique de la planète.

ENCADRER de manière plus stricte l’exploitation des plates-formes pétrolières par :

-L’établissement d’un statut juridique européen spécifique aux plates-formes pétrolières

-La prise en compte réelle, au moment de la délivrance des titres et autorisations, des enjeux environnementaux ;

-Une prévention accrue des risques industriels ;

-Le développement de moyens de lutte contre les pollutions accidentelles (autre que les boudins et l’utilisation de dispersants, qui ne nous semblent pas satisfaisants) ;

-La prise de mesures de responsabilisation des exploitants;

-La mise en place d’un programme d’actions au niveau européen de réaction immédiate en cas d’accident ;

Surfrider Foundation Europe 

 

 

La dune de Malo-les-Bains sauvée : une nouvelle victoire pour les Gardiens de la Côte

Il y a treize mois, le Plan Local d’Urbanisme Communautaire (PLUC) envisageait le reclassement de la zone humide et dunaire de Malo-les-Bains (Nord) en zone UK3, c’est-à-dire en zone constructible.

L’opposition contre ce projet n’a eu de cesse de prendre de l’ampleur au fil des mois. Les communes de la communauté urbaine, des agriculteurs, des associations environnementales, nombreux sont ceux qui se sont levés pour défendre la dune de Malo.

Plusieurs raisons nous ont amenés à défendre ce site qui comprend notamment des habitats classés « habitats naturels d’intérêts communautaires ». De plus, cette zone, en continuité avec le littoral, doit être protégée par la loi Littoral mais aussi conformément à la Convention Ramsar, ratifiée par la France en 1989, qui a pour objectif « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable ».

A travers son programme environnemental « Gardiens de la Côte » et aux côtés du collectif « Sauvons la dune » et d’Olivier, le Gardien, Surfrider Foundation Europe s’est mobilisé tout au long de son combat en participant notamment à l’enquête publique en juin 2011 et aux deux nettoyages de la dune organisés par le collectif d’associations.

Le 1er octobre 2011, suite à l’appel à mobilisation envoyé par ce Collectif ainsi que par Surfrider, plus de 400 personnes se sont réunies pour faire part de leur inquiétude quant au devenir de la dune de Malo-les-Bains.

En Février 2012, le PLUC a été voté, et le Conseil communautaire a pris en compte nos requêtes pour amender le projet. L’ensemble du site sera donc reclassé en NPT (zone naturelle et agricole de protection et de sauvegarde des milieux écologiquement sensibles des sites et des paysages).

Merci à toutes les personnes mobilisées dans ce combat et notamment à notre Gardien !

Pour en savoir plus sur notre Programme et nos combats Gardiens de la Côte, visitez notre page Facebook « Surfrider-Keepers of the Coast ».

Emilie Chavaroche, Rédactrice Environnement